J’ai lu: La fabrique des pervers de Sophie Chauveau

Hello tout le monde !

Je vous retrouve aujourd’hui pour vous parler du livre la fabrique des pervers de l’autrice Sophie Chauveau.

 ♥ = Bof bof, à éviter

♥♥ = Sympa, sans plus

♥♥♥ = Pas mal du tout , j’ai passé un bon moment !

♥♥♥♥ = A lire absolument !

♥♥♥♥♥ = Attention, gros coup de cœur !

Les (♥) représentent les demis 

L’image provient de mon instagram.

la fabrique des pervers

Nombre de pages:  320 pages

Maison d’édition: folio

Date de parution (dans cette édition): 6 mai 2021

4ème de couverture:

« En 68, ils avaient trente-cinq ans, aucune conscience politique, et surtout aucune conscience. Ils pataugeaient dans l’innocence. Aimer ses enfants n’est pas un crime, non ? Si, comme ça, si. Aller ensuite expliquer que ces gestes, ces actes, ces mains, ces langues, ces caresses en passant, cet exhibitionnisme forcené constituent le climat le plus fécond de l’inceste ? Impensable. À quoi bon le leur dire ? Ils ne m’auraient pas crue. Ils ne m’ont pas crue. Mère pourtant l’a compris… à la toute fin de sa vie. »Unique par l’ampleur de ce qu’il dévoile, ce témoignage sur l’inceste dresse le portrait glaçant d’une lignée de bourreaux.

Mon avis:

Ce livre m’a retourné l’estomac tant les faits reportés sont durs et complètement inimaginables. L’autrice raconte sa famille, les abus sexuels de la part de son père et des autres hommes de sa famille. Elle remonte dans le temps et parcourt tout l’arbre généalogique de cette famille déviante, où les hommes (mais pas que) pensent que les femmes et les enfants leur appartiennent et qu’ils peuvent en disposer comme bon leur semble pour assouvir leurs désirs pervers. 

La narration de Sophie Chauveau ne nous met pas dans la position de voyeurs et pour cela j’ai apprécié ce document car elle retranscrit des faits mais sans s’y attarder pour autant. 

Elle pose aussi la question de la culpabilité des mères de la famille et leur rôle dans celle-ci. N’auraient-elles pas pu protéger leurs enfants? Pourquoi ont-elles été complices des crimes de leur mari? 

« Dire que ma soeur s’est déclarée jalouse que Père m’aime tant. Comment a-t-elle pu appeler cela de l’amour? » (page 53)

« Comment considérer tous ces mâles incestueux et violents, qui jouissent d’une totale impunité? Immunité? Comment  cette sexualité transgressive et criminelle est-elle devenue la norme pour eux, de sorte qu’à l’intérieur du clan, tout leur semblait licite? Au point d’ignorer peut-être l’illicite de leurs pratiques?  » (pages 58)

« Mais les mères? Qui sont ces mères qui donnetn à leurs enfants des pères abuseurs, et ne les font pas saisier par la police, par la justice, ni ne changent les serrures de leur maison dès l’instant qu’elles savent… Car bien sûr qu’elles savent, même si elles n’imaginent pas les conséquences sur le pychisme de leurs enfants. Le risque de tout perdre les empêche de s’enfuir, alors elles font celles qui n’ont jamais rien vu, rien su. Complices, forcément complices? » (page 195)

J’ai trouvé ce livre intelligemment écrit, l’autrice ne se victimise pas, elle expose les faits, d’une manière presque chirurgicale. Sa plume est fluide et très agréable, elle se permet même quelques traits d’humour. 

J’ai lu avec grand intérêt cette analyse de l’être humain et de ses déviances et le garderai précieusement dans ma bibliothèque.  A mettre entre toutes les mains.

Ma note: ♥♥♥♥♥ 

(En principe je ne note pas les témoignages mais celui-ci mérite vraiment la mention de coup de cœur tant la plume de l’autrice est belle et juste.)


J’ai lu: La familia grande de Camille Kouchner

Hello tout le monde !

Je vous retrouve aujourd’hui pour vous parler du document La familia grande de Camille Kouchner dont on a beaucoup entendu parler à sa sortie en début d’année.

 ♥ = Bof bof, à éviter

♥♥ = Sympa, sans plus

♥♥♥ = Pas mal du tout , j’ai passé un bon moment !

♥♥♥♥ = A lire absolument !

♥♥♥♥♥ = Attention, gros coup de cœur !

Les (♥) représentent les demis 

L’image provient de mon instagram.

la familia grande

Nombre de pages: 208 pages

Maison d’édition: Seuil

Date de parution (dans cette édition): 7 janvier 2021

4ème de couverture:

« Souviens-toi, maman : nous étions tes enfants. » C.K.

C’est l’histoire d’une grande famille qui aime débattre, rire et danser, qui aime le soleil et l’été. C’est le récit incandescent d’une femme qui ose enfin raconter ce qui a longtemps fait taire la familia grande.

Mon avis:

Comme pour le récit « Le Consentement » de Vanessa Springora, difficile de vraiment juger un livre témoignage si dramatique. D’ailleurs, comme pour ce dernier, je ne vais pas lui donner de note. 

Je ne connaissais pas spécialement la famille de Camille Kouchner, à part son père dont j’avais vaguement entendu le nom étant petite. 

Camille Kouchner nous fait donc le récit de son enfance, de ses étés dans la grande maison familiale où sa mère et son beau-père accueillaient tous leurs amis dans une joyeuse débauche. 

J’ai trouvé assez particulière toute la famille et leur rapport aux corps. Beaucoup de liberté voire même de libertinage. 

Cependant, quand Camille comprend que son beau-père abuse de son frère jumeau, Victor, elle ne va rien dire, jusqu’à ce livre. 

En effet, elle est prise entre le marteau et l’enclume. La peur de trahir son frère, qui lui fait jurer de ne rien dire, et la peur de sa mère, qui pourrait encore croire que ses enfants veulent lui voler son mari. 

Comme je vous l’ai dit, toute l’ambiance décrite au sein de la « familia grande » est un peu dérangeante, un peu borderline. On oscille à chaque seconde entre l’euphorie et la dépression. 

Drôle de famille et drôle d’endroit pour grandir. 

A l’ombre de toutes ces personnalités exubérantes, comment se faire entendre ?

Ce n’est qu’à la mort de sa mère que Camille Kouchner révèlera la vérité dans ce livre. 

Celui-ci illustre bien le fait que les victimes d’inceste se sentent toujours coupables, quoi qu’elles fassent. Ici ce n’est pas Camille Kouchner la victime directe – elle est une victime collatérale – mais elle est prise en otage de la situation, ce qui lui a également beaucoup causé de tort dans sa vie à elle. En effet, le poids du secret était très lourd à porter pour ses épaules d’adolescente. 

J’espère que ce document fera bouger les choses et inciter les victimes (ou leurs proches) à parler plus rapidement en cas d’abus, même si pour cela une famille doit voler en éclats.

Ma note: impossible de noter un témoignage