J’ai lu: Les âmes grises de Philippe Claudel

Hello tout le monde !

Je vous retrouve aujourd’hui pour vous parler du roman Les âmes grises de l’auteur Philippe Claudel.

 ♥ = Bof bof, à éviter

♥♥ = Sympa, sans plus

♥♥♥ = Pas mal du tout , j’ai passé un bon moment !

♥♥♥♥ = A lire absolument !

♥♥♥♥♥ = Attention, gros coup de cœur !

Les (♥) représentent les demis 

L’image provient de mon instagram.

les âmes grises

Nombre de pages: 286 pages

Maison d’édition: Le livre de poche

Date de parution (dans cette édition): 28 février 2006

4ème de couverture:

« Elle ressemblait ainsi à une très jeune princesse de conte, aux lèvres bleuies et aux paupières blanches. Ses cheveux se mêlaient aux herbes roussies par les matins de gel et ses petites mains s’étaient fermées sur du vide. Il faisait si froid ce jour-là que les moustaches de tous se couvraient de neige à mesure qu’ils soufflaient l’air comme des taureaux. On battait la semelle pour faire revenir le sang dans les pieds. Dans le ciel, des oies balourdes traçaient des cercles. Elles semblaient avoir perdu leur route. Le soleil se tassait dans son manteau de brouillard qui peinait à s’effilocher. On n’entendait rien. Même les canons semblaient avoir gelé.
« C’est peut-être enfin la paix… hasarda Grosspeil.
– La paix mon os !» lui lança son collègue qui rabattit la laine trempée sur le corps de la fillette. »

Mon avis:

Ce livre est plongé dans une ambiance brumeuse, humide et froide.

Son rythme est lent, le romancier prend tout son temps pour poser les bases de son intrigue, il insère insidieusement des éléments ou indices. L’écriture va droit au but, sans fioritures. L’auteur ne s’encombre pas non plus de dialogues inutiles, cela créé vraiment un rythme de lecture particulier. On savoure chaque phrase, chaque mot utilisé exactement à la bonne place.

Ce n’est pas un policier ni un thriller à proprement parlé, même si il y a un meurtre et une enquête. Au début, on sait très peu de choses du narrateur, on ne sait même pas qui il est, on le comprend peu à peu au fil des pages. C’est un procédé littéraire assez unique.

Ce roman est un miroir grossissant de toute la misère et la tristesse humaine. Finalement, personne n’est vraiment tout blanc ou tout noir, d’où le titre si bien trouvé et ce passage (entre autres) qui a résonné particulièrement en moi:

« Les salauds, les saints, j’en ai jamais vu. Rien n’est ni tout noir, ni tout blanc, c’est le gris qui gagne. Les hommes et leurs âmes, c’est pareil… T’es une âme grise, joliment grise, comme nous tous… »

Les âmes grises de Philippe Claudel, page 134

Bref, un roman qui laisse un arrière-goût doux-amer et qui comme vous l’aurez compris a su me toucher. Je le garderai précieusement dans ma bibliothèque pour une future relecture.

Ma note: ♥♥♥♥♥


J’ai lu: Dans la forêt de Jean Hegland

Hello tout le monde !

Je vous retrouve aujourd’hui pour vous parler du roman Dans la forêt de l’autrice Jean Hegland.

 ♥ = Bof bof, à éviter

♥♥ = Sympa, sans plus

♥♥♥ = Pas mal du tout , j’ai passé un bon moment !

♥♥♥♥ = A lire absolument !

♥♥♥♥♥ = Attention, gros coup de cœur !

Les (♥) représentent les demis 

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dans la forêt

Nombre de pages: 308 pages

Maison d’édition: Gallmeister

Date de parution (dans cette édition): 7 juin 2018

4ème de couverture:

Nell et Eva, dix-sept et dix-huit ans, vivent depuis toujours dans leur maison familiale, au cœur de la forêt. Quand la civilisation s’effondre et que leurs parents disparaissent, les deux sœurs demeurent seules, bien décidées à survivre. Il leur reste, toujours présentes,  leur passion de la danse et de la lecture. Mais face à l’inconnu, il va falloir apprendre à grandir autrement, à se battre et à faire confiance à la forêt qui les entoure, emplie d’inépuisables richesses.

Mon avis:

Un roman coup de poing, une dystopie pas si éloignée de notre quotidien, où la société telle qu’on la connait a été bouleversée par le manque de carburant et d’électricité. Toute l’économie s’est effondrée en quelques semaines. Nelle et Eva, deux soeurs livrées à elles-mêmes dans la maison familiale au milieu de la forêt, apprennent à se débrouiller seules.

J’ai trouvé ce roman vraiment angoissant, car il aborde des thèmes pour le moins sensibles en ce moment, avec les pénuries d’électricité et la hausse des prix du carburant. Toutes ces peurs sont cristallisées dans ce roman criant de vérité.

L’écriture de Jean Hegland est très belle, dense mais parfaitement accessible. 

J’ai aimé la relation entre les deux soeurs, entre amour et haine parfois, mais attachées l’une à l’autre d’une manière viscérale. 

Chacune n’a plus que l’autre dans la vie, leurs parents étant morts, et leurs qualités et talents sont complémentaires. 

Chacune doit faire le deuil de leur ancienne vie et se concentrer sur le présent et surtout sur leur survie.

J’ai admiré la façon qu’elles ont de se débrouiller, même si la fin ouverte nous laisse imaginer leur avenir (qui pour moi est plus qu’incertain mais bon). Ces deux filles font preuve d’un courage hors du commun et ont des ressources insoupçonnées. 

Un conte moderne plutôt cruel et très violent à des moments mais qui fait énormément réfléchir sur la valeur effective des biens que nous possédons. Dans une société qui prône la surconsommation, ce roman est comme une sonnette d’alarme qui nous pousse à nous recentrer sur l’essentiel et à faire confiance à Mère Nature.

Une belle leçon de vie et une histoire dont je me souviendrai longtemps.

Ma note: ♥♥♥♥(♥)


J’ai lu: Du feu de l’enfer de Cédric Sire

Hello tout le monde !

Je vous retrouve aujourd’hui pour vous parler du thriller Du feu de l’enfer de l’auteur Cédric Sire.

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♥♥♥♥ = A lire absolument !

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du feu de l'enfer

Nombre de pages: 560 pages

Maison d’édition: Presses de la Cité

Date de parution (dans cette édition): 9 mars 2017

4ème de couverture:

Manon maquille les cadavres, Ariel maquille les voitures. Elle est thanatopractrice, il est délinquant. Ils sont frère et soeur. Un jour, l’une des combines d’Ariel tourne mal
et Manon se retrouve complice malgré elle. Lorsque les assassinats les plus sordides s’accumulent autour d’eux, traçant un jeu de piste sanglant vers une secte satanique, le capitaine Raynal s’intéresse à leur cas. Commence alors une traque qui brouillera
les limites entre alliés et prédateurs et mettra à l’épreuve les liens du sang.

Mon avis:

Je découvre avec délice la plume de Cédric Sire avec ce roman qui m’a tenue en haleine du début à la fin! J’ai adoré les personnages, l’ambiance, le rythme effréné. 

C’est un roman qui se dévore sans temps mort et certaines scènes – vraiment très gores – sont à la limite de l’insoutenable. 

J’ai beaucoup aimé le personnage de Manon, jeune thanatopractrice prête à tout pour aider son frère Ariel, petit délinquant, qui s’est encore fourré dans un coup louche. Même si Ariel est un petit con qui ne pense qu’à lui, je l’ai trouvé tout de même attachant car on sent qu’il aime beaucoup sa soeur, c’est la seule personne en qui il a une totale confiance.

Les deux sont irrémédiablement emportés dans un tourbillon de folie qui les frôle de plus en plus près, un bal étourdissant de meurtres plus sauvages les uns que les autres, faisant d’eux des coupables idéals. 

J’ai aimé que les héros soient des personnes imparfaites, ce qui les rend finalement parfaitement humains, avec leurs failles et leurs défauts.

Un thriller qui ne nous laisse pas une seconde de répit et qui nous relâche ensuite comme étourdis par un final mené avec brio.

Brillantissime. 

Ma note: ♥♥♥♥♥


J’ai lu: La Gouvernante de Wendy Holden

Hello tout le monde !

Je vous retrouve aujourd’hui pour vous parler du roman La Gouvernante de l’autrice Wendy Holden.

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la gouvernante

Nombre de pages: 560 pages

Maison d’édition: Albin Michel (Editions du Club France Loisirs)

Date de parution (dans cette édition): 25 mai 2022

4ème de couverture:

Dans le Londres d’avant-guerre, deux petites filles se promènent avec leur gouvernante. L’une d’elles accèdera bientôt au trône.

Les princesses Elizabeth et Margaret adorent Marion, qui leur fait découvrir un monde inconnu : la piscine, le métro, les grands magasins ! Entre elles se tisse un lien d’affection unique : Marion, qui veille sur les fillettes comme une mère, est leur confidente privilégiée. Au risque de sacrifier sa propre existence…

Inspiré de la vie de Marion Crawford, La Gouvernante royale est un formidable roman d’amour, de sacrifice et d’allégeance. On y voit grandir, sous les yeux de Marion, Margaret et Elizabeth. On y vit de l’intérieur les drames et les joies des Windsor, de l’abdication d’Edouard VIII au glamour du couronnement d’Elizabeth II. On y découvre enfin le destin d’une jeune femme que rien ne prédestinait à vivre dans l’ombre de la famille royale.

Mon avis:

J’ai décidé de sortir ce roman de ma pile à lire à l’annonce du décès d’Elizabeth II. Il faut savoir que j’adore les histoires de royauté, les têtes couronnées m’ont toujours fascinée et d’autant plus la reine Elizabeth II, son règne étant été d’une longueur sans égal.

Dans ce roman, on va suivre Marion Crawford, jeune femme moderne qui se destine à l’enseignement dans les banlieues pauvres de Londres mais qui finalement est recommandée comme Gouvernante pour les filles du futur roi George VI, Margaret et Elizabeth. 

A partir du moment où elle va franchir le portail des plus belles maisons du Royaume Uni, Marion devra mettre sa vie personnelle et privée de côté, se donnant corps et âme pour l’éducation et la protection des deux petites filles.

Elle essaiera de leur inculquer de vraies valeurs, loin du faste qui définit leur statut et les condamne un peu à vivre loin du monde « réel ».

J’ai aimé les recherches menées par Wendy Holden pour écrire ce livre et sa plume est fluide et vraiment entraînante et vivante. Je me suis vraiment attachée à Marion, qui sera toute sa vie déchirée entre son devoir envers la famille royale et son envie de pouvoir vivre sa vie comme elle l’entend. Pour Margaret et Elizabeth, elle devra renoncer à se marier et à avoir des enfants.

De ce fait, elle reporte toute son affection sur les deux petites princesses, oubliant parfois que pour elles, elle n’est qu’une employée parmi d’autres. 

Un roman riche en rebondissements qui nous fait découvrir la vie d’une femme restée toute sa vie dans l’ombre de la famille royale d’Angleterre. 

Ma note: ♥♥♥♥(♥)


[SP]J’ai lu: Mais qui a tué Marc Voltenauer? de Xavier Michel

Hello tout le monde !

Je vous retrouve aujourd’hui pour vous parler du roman Mais qui a tué Marc Voltenauer? de l’auteur Xavier Michel que j’ai eu la chance de recevoir de la part des éditions Slatkine. Il s’agit de son troisième ouvrage édité chez Slatkine.

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mais qui a tué marc voltenauer

Nombre de pages: 176 pages

Maison d’édition: Slatkine 

Date de parution (dans cette édition): 26 août 2022

4ème de couverture:

Septembre 2019 au Livre sur les quais. Alors que la manifestation bat son plein, le roi du polar Marc Voltenauer est retrouvé mort dans le port de Morges. L’inspecteur Philibert Ramuz, célibataire bedonnant et arrière-petit-neveu de Charles Ferdinand, est chargé de l’affaire. Secondé par sa collègue Greta Palud, il jubile de pouvoir mêler son travail et sa passion pour la littérature. Au fil de l’enquête, de nombreuses personnalités du monde littéraire défilent : Nicolas Feuz, Quentin Mouron, Pascal Schouwey, Amélie Nothomb, Guillaume Rihs, Alexandre Jardin, Marie-Christine Horn… Mais qui a tué Marc Voltenauer ? Avec ce texte résolument parodique, Xavier Michel dévoile une tout autre facette de son écriture, loin de la poésie de Tu liras sur mes murs (Slatkine, 2019), loin des chansons d’Aliose

Mon avis:

J’ai trouvé l’idée de départ vraiment bien trouvée. Le Livre sur les Quais à Morges est un salon littéraire que j’aime beaucoup et le fait que l’action s’y déroule est plutôt original et bien pensé. Le fait de connaître les lieux m’ont aidée à me repérer mais si vous n’être jamais allés à Morges ne vous inquiétez pas, l’auteur a même pensé à inclure une illustration de la zone (dessinée par Benoît Schmid) à la page 75.

J’ai également apprécié le fait de connaître en grande partie les protagonistes de l’histoire, à part bien entendu les deux personnages de fictions, soit l’inspecteur Philibert Ramuz (hilarant) et sa collègue Greta Palud. Cela donnait un côté très « réel » au récit et j’avoue que parfois c’était presque un peu déroutant. 

L’écriture de Xavier Michel est fine, caustique. Le rythme est soutenu et on alterne les points de vue entre le narrateur (qu’on suppose donc être l’auteur) et l’enquête du loufoque inspecteur Ramuz. Je ne me suis pas ennuyée une seule seconde, tous les événements s’enchaînent parfaitement, ne laissant aucun temps mort.

Honnêtement, je pense qu’il faudra que je le relise une seconde fois pour saisir tous les petits indices sur l’enquête parsemés ici et là et apprécier encore mieux toutes les tournures de phrases pour le moins drolatiques. 

J’ai passé un excellent moment de lecture avec ce roman qui sous couvert d’un roman policier et surtout une comédie de mœurs sur le monde littéraire. 

Savoureux!!

Ma note: ♥♥♥♥(♥)


Un grand merci aux éditions Slatkine pour l’envoi de ce SP!

J’ai lu: Vox de Christina Dalcher

Hello tout le monde !

Je vous retrouve aujourd’hui pour vous parler du roman Vox de l’autrice Christina Dalcher. Il s’agit de son premier roman.

 ♥ = Bof bof, à éviter

♥♥ = Sympa, sans plus

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♥♥♥♥ = A lire absolument !

♥♥♥♥♥ = Attention, gros coup de cœur !

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vox

Nombre de pages: 432 pages

Maison d’édition: NIL

Date de parution (dans cette édition): 7 mars 2019

4ème de couverture:

Jean McClellan est docteure en neurosciences. Elle a passé sa vie dans un laboratoire de recherches, loin des mouvements protestataires qui ont enflammé son pays. Mais, désormais, même si elle le voulait, impossible de s’exprimer : comme toutes les femmes, elle est condamnée à un silence forcé, limitée à un quota de 100 mots par jour. En effet, le nouveau gouvernement en place, constitué d’un groupe fondamentaliste, a décidé d’abattre la figure de la femme moderne. Pourtant, quand le frère du Président fait une attaque, Jean est appelée à la rescousse. La récompense ? La possibilité de s’affranchir – et sa fille avec elle – de son quota de mots. Mais ce qu’elle va découvrir alors qu’elle recouvre la parole pourrait bien la laisser définitivement sans voix…
Christina Dalcher nous offre avec Vox un roman dystopique glaçant qui rend hommage au pouvoir des mots et du langage.

Mon avis:

Un roman qui m’a fait de l’œil dès sa sortie mais il a traîné près de trois ans dans ma pile à lire, j’ai vraiment honte pour le coup. Dès que je l’ai entamé, je l’ai littéralement dévoré, tant il m’a révoltée, choquée, dérangée.

La plume de Christina Dalcher (enfin du moins sa traduction) m’a happée dès la première page. On suit donc Jean, docteur en neurosciences. Dans un pays (les Etats-Unis) où les femmes ont dû – du jour au lendemain – porter un bracelet compte-mots les empêchant de prononcer plus de 100 mots par jour (sous peine de se prendre des décharges électriques pour chaque dépassement), elle est démise de ses fonctions et doit quitter son laboratoire de recherches pour rester à la maison. Mise au ban de la vie active, comme toutes les autres femmes.

Cependant, le frère du président des Etats-Unis a eu un grave accident de ski et pour ne pas que son cerveau subisse des dommages irrémédiables, lui ôtant la faculté de parler, les dirigeants du pays se rappellent subitement que le plus grand expert du pays est en fait une femme (c’est ballot!) et il s’agit de Jean.

On suit donc Jean, qui est partagée entre son envie de continuer ses recherches et comprendre ce que fomente l’Etat. En même temps, elle voit son fils aîné commencer à aduler l’une des figures dirigeante de l’ordre des « Purs » un révérant aux idées misogynes et extrémistes. Mais quand on veut soumettre la moitié de l’humanité (soit les femmes), n’est-on pas déjà de base complètement fou?

Vu comment sont les choses, comment sont les femmes, personne ne voudrait avoir de fille, Aucun parent sain d’esprit ne voudrait avoir à choisir la couleur du compte-mots de sa petite fille de trois mois. 

Vox de Christina Dalcher, page 228.

On assiste alors à des scènes très dures, avec entre autres la petite fille de Jean qui est fière de ne pas utiliser son quota de mots par jour car cela est récompensé à l’école… Une bonne fille se doit d’être docile et surtout (!) de se taire. 

J’ai trouvé toute la thématique très bien amenée par l’autrice. Malgré quelques petites faiblesses scénaristiques – quelques scènes se passent un peu trop vite -, ce roman est un vrai électrochoc. On voit comment tout peut basculer d’un jour à l’autre.

Dans certains pays on est vraiment pas loin de cette réalité-là et même un peu partout, ce sont les hommes qui  globalement décident du sort des femmes (il n’y a qu’à voir ce qu’il s’est passé aux USA avec le droit à l’avortement). Comme l’avait si bien dit Simone Veil: « N’oubliez jamais qu’il suffira d’une crise politique, économique ou religieuse pour que les droits des femmes soient remis en question. Ces droits ne sont jamais acquis. Vous devrez rester vigilantes votre vie durant. »

Aucun roman n’aura aussi bien illustré ce propos. 

Ma note: ♥♥♥♥♥


J’ai lu: Les gens de Bilbao naissent où ils veulent de Maria Larrea

Hello tout le monde !

Je vous retrouve aujourd’hui pour vous parler du roman Les gens de Bilbao naissent où ils veulent de l’autrice Maria Larrea. Il s’agit de son premier roman.

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les gens de Bilbao naissent où ils veulent

Nombre de pages: 224 pages

Maison d’édition: Grasset

Date de parution (dans cette édition): 17 août 2022

4ème de couverture:

Tout commence en Espagne. En juin 1943, une prostituée obèse de Bilbao donne vie à un garçon qu’elle confie aux jésuites. Plus tard, en Galice, une femme accouche d’une fille qu’elle abandonne aux sœurs d’un couvent. Les deux orphelins connaissent la misère et Franco mais se rencontrent, se marient, partent à Paris. La Galicienne devient femme de ménage, le Basque gardien du théâtre de la Michodière. Ils auront un enfant, Maria. C’est notre narratrice. A vingt-sept ans, celle-ci croyait s’être arrachée à ses origines: la loge de ses parents, la violence de Julian et les silences de Victoria. Mais un tirage de tarot va renverser son existence et l’obliger à replonger dans le passé des siens. Pour comprendre de qui elle est la fille, elle devra enquêter et revenir là oÙ tout a débuté, à Bilbao, où naissent les secrets. 

Etourdissant de style, d’énergie et de vie, ce premier roman mené tambour battant nous embarque instantanément. Avec maestria, Maria Larrea y recompose pièce par pièce le visage de sa famille et le puzzle de sa mémoire. On court et rit et pleure ensemble. Une écrivaine est née.

Mon avis:

J’ai tout de suite été attirée par ce roman de la rentrée littéraire 2022 car son titre m’a intriguée.

La plume de l’autrice est brute, incisive. Drôle aussi, souvent, malgré elle.

J’ai aimé sa façon de raconter les choses. Il est marqué « roman » sur la couverture mais je sais que ce livre est autobiographique et qu’il raconte la vie des parents de l’autrice puis sa naissance à elle et sa vie jusqu’à ses 27 ans. 

J’ai été extrêmement touchée par l’histoire de Maria Larrea, sa recherche de la vérité, son envie de savoir exactement d’où elle vient.

Je pense qu’à sa place j’aurais également remué ciel et terre pour avoir le fin mot de l’histoire, de [mon] histoire.

Ce livre raconte ses racines, on sent tout l’amour qu’elle ressent pour ses parents que la vie a malmené, le respect qu’elle a pour eux mais aussi la colère. 

Un livre qui traite également de la filiation, peut-on devenir mère (ou père) à son tour si on ignore d’où l’on vient vraiment ?

Que peut-on transmettre à nos enfants quand on ignore tout de nos origines?

Une histoire belle et émouvante retranscrite par une plume juste et qui touche droit au cœur, ce roman est une perle de la rentrée littéraire!

Ma note: ♥♥♥♥(♥)


J’ai lu: Numéro deux de David Foenkinos

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Je vous retrouve aujourd’hui pour vous parler du roman Numéro deux de l’auteur David Foenkinos. 

 ♥ = Bof bof, à éviter

♥♥ = Sympa, sans plus

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numéro deux

Nombre de pages: 240 pages

Maison d’édition: Gallimard

Date de parution (dans cette édition): décembre 2021

4ème de couverture:

« En 1999 débutait le casting pour trouver le jeune garçon qui allait interpréter Harry Potter et qui, par la même occasion, deviendrait mondialement célèbre. Des centaines d’acteurs furent auditionnés. Finalement, il n’en resta plus que deux. Ce roman raconte l’histoire de celui qui n’a pas été choisi. »

Mon avis:

J’ai tout de suite été intriguée par le postulat de départ: Suivre le jeune acteur qui a été recalé au dernier moment lors des auditions pour le rôle de Harry Potter.

A vrai dire, même si toute cette histoire a été inventée par David Foenkinos, il est néanmoins certain qu’il y a dû avoir un numéro deux, une personne qui n’a pas eu la chance d’obtenir le fameux rôle du héros qu’on ne présente plus. 

On suit donc Martin Hill, jeune garçon plein d’espoir quand il est repéré par un producteur et qui passe donc le casting pour incarner Harry Potter dans l’adaptation cinématographique des romans qui ont fait fureur dès leur sortie.

Cependant, Martin ne va pas être retenu, c’est – comme chacun sait –  Daniel Radcliffe qui le sera. Dès lors, la vie de Martin va devenir un enfer entre les livres qui continuent à sortir, les films, les produits dérivés, Harry Potter est partout, lui rappelant chaque jour son cuisant échec. 

– On vit aujourd’hui sous la dictature du bonheur des autres. Ou, en tout cas, leur prétendu bonheur.

Numéro deux de David Foenkinos, page 223.

J’ai trouvé l’histoire de Martin très touchante, j’ai vraiment pu m’identifier à lui, j’ai souffert avec lui. Entre les drames qui jalonnent sa vie et ce rendez-vous manqué avec le succès, rien n’est facile pour lui.

L’auteur aborde ce sujet délicat d’être « le second », « le loser », avec beaucoup de sensibilité, comme à son habitude. Il nous rappelle que le bonheur se trouve parfois où on ne l’attend pas.

Ma note: ♥♥♥♥(♥)


J’ai lu: La ferme des animaux de George Orwell

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Je vous retrouve aujourd’hui pour vous parler du roman la ferme des animaux de l’auteur George Orwell. C’est un classique qu’on ne présente plus!

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la ferme des animaux

Nombre de pages: 176 pages

Maison d’édition: folio

Date de parution (dans cette édition): novembre 2020

4ème de couverture:

Un jour de juin eut lieu en Angleterre la révolte des animaux. Les cochons dirigent le nouveau régime. Boule-de-Neige et Napoléon, cochons en chef, affichent un règlement : « Tout ce qui marche sur deux pieds est un ennemi. Tout ce qui marche sur quatre pattes, ou possède des ailes, est un ami. Nul animal ne portera de vêtements. Nul animal ne dormira dans un lit. Nul animal ne boira d’alcool. Nul animal ne tuera un autre animal. Tous les animaux sont égaux. » Le temps passe. La pluie efface les commandements. L’âne, un cynique, arrive encore à déchiffrer : « Tous les animaux sont égaux, mais certains animaux sont plus égaux que d’autres. »

Mon avis:

Cette année, j’avais vraiment envie de découvrir des classiques de la littérature et celui-ci me faisait de l’œil depuis longtemps. Je crois que j’avais déjà dû lire une bande dessinée adaptée du roman mais je n’avais pas lu le texte initial. J’ai vraiment adoré ma lecture.

Il s’agit d’une satire sociale où les animaux d’une ferme, sous l’influence de deux cochons, décident du jour au lendemain de se rebeller contre leur maître et de fonder une nouvelle société, où seuls les animaux décideront de leur destin et travailleront pour leur unique bien-être et pas pour servir un humain.

Bien entendu, si les choses semblent idylliques au début, des dérives se font vite sentir car les cochons, plus érudits que les autres animaux, se rendent vite compte qu’ils peuvent tirer profit de la situation…et s’octroyer des droits que les autres animaux n’auront pas. Ceux-ci d’ailleurs, crédules et se fiant les yeux fermés aux cochons, se font exploiter par leurs frères animaux d’une manière bien plus dure que le fermier auparavant… 

Vers ce temps-là, les cochons emménagèrent dans la maison d’habitation dont ils firent leurs quartiers. Une fois encore, les animaux crurent se ressouvenir qu’une résolution contre ces pratiques avait été votée, dans les premiers jours, mais une fois encore Brille-Babil parvient à les convaincre qu’il n’en était rien.

La ferme des animaux, de George Orwell, page 74.

Un grand roman, aussi drôle que dramatique, qui fait réfléchir sur la cupidité du genre humain.  En effet, même si les protagonistes du livres sont des animaux, leurs interactions et travers ne sont finalement que le reflet des nôtres. Brillantissime! 

Ma note: ♥♥♥♥♥


J’ai lu: Regardez-nous danser (le pays des autres tome 2) de Leïla Slimani

Hello tout le monde !

Je vous retrouve aujourd’hui pour vous parler du roman Regardez-nous danser (tome 2 du pays des autres) de l’autrice Leïla Slimani.

 ♥ = Bof bof, à éviter

♥♥ = Sympa, sans plus

♥♥♥ = Pas mal du tout , j’ai passé un bon moment !

♥♥♥♥ = A lire absolument !

♥♥♥♥♥ = Attention, gros coup de cœur !

Les (♥) représentent les demis 

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regardez-nous danser

Nombre de pages: 368 pages

Maison d’édition: Gallimard

Date de parution (dans cette édition): 3 février 2022

4ème de couverture:

« Année après année, Mathilde revint à la charge. Chaque été, quand soufflait le chergui et que la chaleur, écrasante, lui portait sur les nerfs, elle lançait cette idée de piscine qui révulsait son époux. Ils ne faisaient aucun mal, ils avaient bien le droit de profiter de la vie, eux qui avaient sacrifié leurs plus belles années à la guerre puis à l’exploitation de cette ferme. Elle voulait cette piscine, elle la voulait en compensation de ses sacrifices, de sa solitude, de sa jeunesse perdue ». 1968 : à force de ténacité, Amine a fait de son domaine aride une entreprise florissante. Il appartient désormais à une nouvelle bourgeoisie qui prospère, fait la fête et croit en des lendemains heureux. Mais le Maroc indépendant peine à fonder son identité nouvelle, déchiré entre les archaïsmes et les tentations illusoires de la modernité occidentale, entre l’obsession de l’image et les plaies de la honte. C’est dans cette période trouble, entre hédonisme et répression, qu’une nouvelle génération va devoir faire des choix. Regardez-nous danser poursuit et enrichit une fresque familiale vibrante d’émotions, incarnée dans des figures inoubliables.

Mon avis:

Quel bonheur de retrouver la famille Belhaj!

Les enfants de Mathilde et Amine, Selim et Aïcha, sont devenus de jeunes adultes et vont faire leurs premières expériences amoureuses. 

Aïcha, toujours autant brillante, fait la fierté de Mathilde qui la jalouse aussi un petit peu. Elle est partie en France pour ses études de médecine et est très appliquée dans ce qu’elle fait. Cependant, elle doit également faire face au racisme et le vit (bien évidemment) très mal. Selim, de son côté, est resté au Maroc et se laisse un peu vivre. Tous les deux vont vivre leurs premiers émois amoureux, qui vont les changer irrémédiablement. 

Mathilde se retrouve souvent seule et envie un peu sa fille qui peut s’éloigner de sa famille pour suivre les études dont elle a toujours rêvé. 

Leïla Slimani sait insuffler une âme à ses personnages et on s’attache très facilement à eux. 

Comme pour le premier tome, j’ai trouvé Mathilde très touchante dans son ambivalence. Son envie de s’émanciper et en même temps de coller à l’image de la femme au foyer marocaine (telle que son mari aimerait qu’elle soit) qui s’occupe de son intérieur à la perfection pour mieux s’intégrer. A force de penser aux autres, elle a tendance à s’oublier un peu. Elle aimerait pouvoir se reposer plus, et profiter un peu plus de l’argent durement gagné mais Amine reste très prudent avec leurs finances et ne veut pas trop afficher sa fortune aux yeux de tous.

Mathilde comprit alors que toute sa vie, son mari aurait peur qu’on lui arrache ce qu’il avait conquis. Pour lui, tout bonheur était insupportable puisqu’il l’avait volé aux autres.

Regardez-nous danser de Leïla Slimani, page 322

J’espère que l’autrice continuera cette saga car j’ai vraiment envie de savoir ce qu’il va arriver aux protagonistes tant j’aime sa plume fluide et envoûtante.

Ma note: ♥♥♥♥♥