[SP]J’ai lu: Souvenirs en similicuir de Nadia Boehlen

Hello tout le monde !

Je vous retrouve aujourd’hui pour vous parler du roman Souvenirs en similicuir de l’autrice suisse Nadia Boehlen que j’ai eu la chance de recevoir de la part des éditions Slatkine (en version épreuves brochées non corrigées).

 ♥ = Bof bof, à éviter

♥♥ = Sympa, sans plus

♥♥♥ = Pas mal du tout , j’ai passé un bon moment !

♥♥♥♥ = A lire absolument !

♥♥♥♥♥ = Attention, gros coup de cœur !

Les (♥) représentent les demis 

L’image provient de mon Instagram.

souvenirs en similicuir

Nombre de pages: 160 pages

Maison d’édition: Slatkine 

Date de parution (dans cette édition): 27 août 2021

4ème de couverture:

« Ma mère fait des cauchemars à répétition. Le rêve qui revient le plus est celui avec les serpents. Elle le raconte sur un ton désinvolte, comme s’il s’agissait d’une maladresse de sa part, du lait renversé sur une plaque de cuisson, ou d’un aliment figurant sur la liste des courses et qu’elle aurait oublié d’acheter. »
 
Porté par une narration singulière, souvenirs en similicuir raconte le cheminement vers l’âge adulte d’une enfant à travers le regard qu’elle porte sur sa famille, sur sa mère tout particulièrement, dont elle perçoit confusément les souffrances liées à sa condition. Heurtée, façonnée par une conscience exacerbée que celle-ci a de son inculture et par ses traumatismes occultés, la jeune femme décidera sciemment, au fil du temps, de lui vouer une forme de loyauté.

Mon avis:

Ce roman traite de la relation mère-fille et de la manière qu’une jeune fille s’identifiera (ou pas) à sa mère en grandissant.

La narratrice raconte la vie de sa mère, son déracinement de son Tessin natal pour la Suisse alémanique. Son tiraillement permanent entre la honte de sa mère qu’elle ne trouve pas assez cultivée (elle qui n’aspire qu’à faire de hautes études et monter en grade dans l’échelle sociale) et son amour débordant pour celle-ci qu’elle admire et aime malgré tout. On sent toutefois que la narratrice a parfois honte de ses origines paysannes et de l’inculture de ses proches. J’ai trouvé cela très triste. On ne devrait jamais avoir honte de notre famille. 

Ma mère ne me témoigne aucun geste d’affection. Ses contacts avec moi sont presque toujours entachés de nervosité. Elle tire trop fort sur mes cheveux en les coiffant. Elle me tient la main pour qu’on se dépêche, pas pour me rassurer ou me donner de la douceur. Et de toute façon elle n’a jamais le temps: « J’ai du travail, moi! » Elle ne se donne jamais le temps. Elle est toujours dans une course incessante.

Souvenirs en similicuir de Nadia Boehlen, page 57

Cette mère d’ailleurs qui peine à montrer ses sentiments à ses filles et ne cesse de les rabrouer, de les critiquer. Est-elle jalouse des conditions de vie facilitées de ses filles ? En tout cas elle les pousse vers l’excellence, essaie de mettre toutes les chances de leur côté pour qu’elles puissent aspirer à une vie plus riche que la sienne. 

J’ai aimé la manière d’écrire de l’autrice, les chapitres courts et la narration à fleur de peau. 

On sent vraiment que la narratrice admire malgré tout sa mère, sa façon qu’elle a eu de s’extraire d’une relation toxique et violente avant de rencontrer celui qui deviendra son père. 

Toutes ces choses mises bout à bout (le déracinement de son canton d’origine, la barrière de la langue malgré tout, une relation toxique, les études non achevées…) font qu’on comprend un peu mieux pourquoi la maman de la narratrice est un peu amère, même si je trouve qu’on sent qu’elle aime tout de même sa fille. Elle regrette le temps qui passe et qui fane sa beauté, elle regrette le temps qui passe sur sa vie où il ne se passe pas grand chose malgré le fait qu’elle ait un mari aimant qui est également un bon père pour ses filles.

La mère est donc dans un état permanent de spleen, elle est toujours à la limite d’éclater. J’ai trouvé que c’était finalement un très beau portrait d’une maman, d’une femme avant tout, qui veut juste être heureuse et qui fait de son mieux pour que tout le monde se porte bien dans sa famille, même si elle s’y prend mal. Je trouve que la narratrice est assez dure avec sa mère, mais on est toujours durs avec nos parents, jusqu’au moment où on devient nous-mêmes parents et qu’on comprend beaucoup mieux certaines de leurs réactions.

Bref, j’ai trouvé que c’était un magnifique roman sur la famille, le lien mère-fille porté par une très belle plume et que j’ai lu en quelques heures sans faire de pause tellement il m’a emportée. Un livre court mais puissant sur l’amour filial. 

Ma note: ♥♥♥♥♥


Un grand merci aux éditions Slatkine pour l’envoi de ce SP!

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