J’ai lu: Les fantômes du vieux pays de Nathan Hill

Hello tout le monde !

Je vous retrouve aujourd’hui pour vous parler du roman Les fantômes du vieux pays de Nathan Hill.

 ♥ = Bof bof, à éviter

♥♥ = Sympa, sans plus

♥♥♥ = Pas mal du tout , j’ai passé un bon moment !

♥♥♥♥ = A lire absolument !

♥♥♥♥♥ = Attention, gros coup de cœur !

Les (♥) représentent les demis 

L’image provient de mon instagram.

Nombre de pages: 720 pages

Maison d’édition: Gallimard

Date de parution (dans cette édition): 17 août 2017

4ème de couverture:

Scandale aux États-Unis : le gouverneur Packer, candidat à la présidentielle, a été agressé en public. Son assaillante est une femme d’âge mûr : Faye Andresen-Anderson. Les médias s’emparent de son histoire et la surnomment Calamity Packer. Seul Samuel Anderson, professeur d’anglais à l’Université de Chicago, passe à côté du fait divers, tout occupé qu’il est à jouer en ligne au Monde d’Elfscape. Pourtant, Calamity Packer n’est autre que sa mère, qui l’a abandonné à l’âge de onze ans. Et voilà que l’éditeur de Samuel, qui lui avait versé une avance rondelette pour un roman qu’il n’a jamais écrit, menace de le poursuivre en justice. En désespoir de cause, le jeune homme lui propose un nouveau projet : un livre révélation sur sa mère qui la réduira en miettes. Samuel ne sait presque rien d’elle ; il se lance donc dans la reconstitution minutieuse de sa vie, qui dévoilera bien des surprises et réveillera son lot de fantômes. Des émeutes de Chicago en 1968 au New York post-11-Septembre en passant par la Norvège des années quarante et le Midwest des années soixante, Nathan Hill s’empare de l’Amérique d’aujourd’hui et de ses démons et compose avec beaucoup d’humour une fresque aussi ambitieuse que captivante.

Mon avis:

J’ai beaucoup aimé le fait que le héros soit un fan de MMORPG (je vous rappelle que je joue à World of Warcraft depuis au moins 13 ans) et j’ai apprécié les descriptions (très réalistes) que l’auteur fait du monde de Elfscape (le jeu auquel joue Samuel et Pwnage, un joueur de sa guilde qu’il rencontre irl – in real life – quand il ressent le besoin de sortir de sa solitude et de parler à quelqu’un) qui montrent que celui-ci n’est pas étranger au monde des jeux vidéos.

Qu’est-ce que je fais là? Se demande-t-il alors que la queue du dragon s’abat sur lui, qu’Axman est empalé par une stalactite et que l’infirmier est réduit en cendres, englouti dans une crevasse de lave, ne laissant plus qu’un seul elfe dans le jeu, Pwnage, leur dernière chance de gagner, s’il arrive à rester en vie, alors toute la guilde se met à l’encourager, criant dans les casques, observant la barre de vie du dragon passer de quatre pour cent à trois pour cent puis deux pour cent… 

Et même si près du but, Samuel se demande. À quoi bon? 

Qu’est-ce que je suis en train de faire?

Que penserait Bethany?

Ce livre se lit super rapidement malgré ses 720 pages car on alterne les passages du passé et du présent de Samuel (on apprend comment il a rencontré la femme qu’il aime, Bethany, quand il était pré-ado) et on suit également la jeunesse un peu fofolle de sa mère Faye, idéaliste et romantique indécrottable.

Ce roman aborde des thèmes dramatiques tels que les abus sexuels, la diffamation ou encore l’abus de pouvoir. Pourtant, jamais l’auteur ne verse dans le pathos et l’écriture reste vive et lumineuse du début à la fin du roman.

Samuel apprend à connaître – grâce au livre qu’il doit écrire – cette mère qui l’a délaissé lui qui gamin était sûr d’être la cause de son départ ; elle devait sûrement ne plus l’aimer car il l’avait – encore – déçue.

D’ailleurs Samuel ressent cette peur de décevoir dans tous les aspects de sa vie, que ce soit du point de vue sentimental que professionnel.

Malgré le fait qu’il soit un jeune homme équilibré (bien que très seul et très geek), devenu professeur à l’Université, il reste toujours au fond de lui ce petit garçon que sa maman a abandonné.

J’ai aimé le fait que certains passages du  livres soient écrits comme un livre dont vous êtes le héros, toute mon enfance ! Cela donne un côté très dynamique et comique à l’histoire.

Bref, ce livre est complexe et riche en rebondissements, une belle fresque de la vie aux USA de 1968 à nos jours. Il m’a fait passer par toutes les émotions possibles, de la triste à l’euphorie.

Un jeune auteur prometteur à suivre de très près!

Ma note: ♥♥♥♥(♥)

J’ai lu: La vie mensongère des adultes d’Elena Ferrante

Hello tout le monde !

Je vous retrouve aujourd’hui pour vous parler de La vie mensongère des adultes d’ Elena Ferrante

 ♥ = Bof bof, à éviter

♥♥ = Sympa, sans plus

♥♥♥ = Pas mal du tout , j’ai passé un bon moment !

♥♥♥♥ = A lire absolument !

♥♥♥♥♥ = Attention, gros coup de cœur !

Les (♥) représentent les demis 

L’image provient de mon instagram.

Nombre de pages: 416 pages

Maison d’édition: Gallimard

Date de parution (dans cette édition): 9 juin 2020

4ème de couverture:

« Deux ans avant qu’il ne quitte la maison, mon père dit à ma mère que j’étais très laide ». Giovanna, fille unique d’un couple de professeurs, vit une enfance heureuse dans les hauteurs de Naples. L’année de ses douze ans, elle surprend une conversation dans laquelle son père la compare à Vittoria, une tante à la réputation maléfique. Bouleversée par ce rapprochement aussi dévalorisant qu’inattendu, Giovanna va chercher à en savoir plus sur cette femme. En fouillant l’appartement, elle déniche de rares photos de jeunesse sur lesquelles son père se tient aux côtés d’une personne mystérieusement recouverte de feutre noir. Elle décide alors d’aller à la rencontre de cette Zia Vittoria habitant les quartiers pauvres de Naples. Dans cette partie de la ville qui lui était inconnue, l’adolescente découvre un autre univers social, une façon d’être plus spontanée. Incitée par sa tante à ouvrir les yeux sur les mensonges et les hypocrisies qui régissent la vie de ses parents, elle voit bientôt tout le vernis du monde des adultes se craqueler. Entre grandes espérances et cuisantes désillusions, Giovanna cherche sa voie en explorant les deux visages de la ville, comme deux aspects de son identité qu’elle tente de concilier.

Mon avis:

J’avais bien aimé le premier tome de « l’amie prodigieuse » même si ça n’avait pas été un coup de cœur (trop de personnages, trop fouillis etc.) mais j’avais quand même acheté les trois tomes suivants (que je n’ai toujours pas lus, shame on me!). La plume de l’auture m’avait plu et j’ai donc eu envie de lire ce one shot (même si vu la fin, peut-être qu’il y aura une suite) et du coup je me suis dit que ça serait une chouette lecture de fin d’été.

Autant le dire tout de suite, j’ai été un peu déçue de ce roman que j’ai trouvé longuet et finalement pas vraiment intéressant. Je n’ai pas aimé les deux personnages principaux qui sont Giovanna, la jeune adolescente qui se cherche et qui essaie de trouver sa place dans le monde et Vittoria, sa tante acariâtre qui vit encore dans le souvenir de son amour défunt.

Je n’ai vraiment pas compris pourquoi Vittoria compte autant pour les enfants de son amant, et le fait que la femme légitime de celui-ci l’inclue ainsi à sa vie et à celle de ses enfants. Si j’étais à sa place, elle aurait pris un pied au fesses, oui! Non seulement elle s’incruste dans cette famille mais en plus elle impose ses idées et ses lois. Tout le monde craint ses colères. Au fil du roman, ça en devient agaçant!

Le moment le plus intéressant du roman est quand Giovanna se rend compte de l’hypocrisie de ses parents et commence à les voir tels qu’ils sont. Ses interrogations d’adolescente et son éveil au plaisir charnel sont également des passages qui m’ont beaucoup plu.

J’avoue être restée dans l’ensemble assez indifférente au destin de Giovanna et de son ambivalence entre son envie de grandir et s’émanciper et l’envie de rester la petite fille chérie de ses parents.

Comme dit plus haut, la fin laisse la porte ouverte pour une suite mais si c’est le cas je ne pense pas que je la lirai.

Ce n’est pas de loin pas un mauvais roman mais il n’était clairement pas pour moi!

Dommage…

Ma note: ♥♥

J’ai lu: Fille de Camille Laurens

Hello tout le monde !

Je vous retrouve aujourd’hui pour vous parler de Fille de Camille Laurens.

 ♥ = Bof bof, à éviter

♥♥ = Sympa, sans plus

♥♥♥ = Pas mal du tout , j’ai passé un bon moment !

♥♥♥♥ = A lire absolument !

♥♥♥♥♥ = Attention, gros coup de cœur !

Les (♥) représentent les demis 

L’image provient de mon instagram.

Nombre de pages: 225 pages

Maison d’édition: Gallimard

Date de parution (dans cette édition): 20 août 2020

4ème de couverture:

FILLE, nom féminin
1. Personne de sexe féminin considérée par rapport à son père, à sa mère.
2. Enfant de sexe féminin.
3. (Vieilli.) Femme non mariée.
4. Prostituée.
Laurence Barraqué grandit avec sa sœur dans les années 1960 à Rouen. « Vous avez des enfants ? demande-t-on à son père. – Non, j’ai deux filles », répond-il. Naître garçon aurait sans doute facilité les choses. Un garçon, c’est toujours mieux qu’une garce. Puis Laurence devient mère dans les années 1990. Être une fille, avoir une fille : comment faire ? Que transmettre ?
L’écriture de Camille Laurens atteint ici une maîtrise exceptionnelle qui restitue les mouvements intimes au sein des mutations sociales et met en lumière l’importance des mots dans la construction d’une vie.

Mon avis:

Quel roman! Je n’avais il me semble jamais rien lu de cette autrice et je dois avouer qu’après n’avoir lu que du bien de ce roman un peu partout j’ai eu envie de me faire ma propre idée. Il est d’ailleurs assez rare que j’achète un livre et que je le lise directement (même si ça m’arrive de plus en plus) mais là je n’ai pas pu résister.

On suit donc la jeune Laurence Barraqué, jeune fille née dans une famille où le masculin est glorifié et dont la naissance (en tant que « fille ») déçoit un peu quand même.

Evidemment, le sujet me parlait, étant moi-même une femme bien entendu mais également car je suis maman de deux adorables petites filles. – Et non je n’ai pas envie d’avoir un 3ème enfant pour « essayer d’avoir un garçon » car je m’en moque, j’adore le fait d’avoir deux filles –  Apparemment le sujet « d’avoir un garçon » est encore bien d’actualité car on m’a déjà posé 20x la question depuis la naissance de ma seconde fille en juin dernier 😉

« C’est une fille (…) « 

C’est une nouvelle aussi parce que n’es pas la première. Ce n’est pas seulement une fille qu’on leur annonce. Une seconde fille – on préfère ne pas dire « une deuxième » car on n’envisage pas une suite (on a tort). Tu n’es pas seulement une fille. Ta sœur (tu vas bientôt le comprendre), ta sœur est née avant toi – c’est toi qui, en naissant, lui donnes ce nom de sœur, c’est toi qui vous baptises toutes deux de cet autre nom que fille, de ce nom commun de sœurs (elle n’en veut pas, ni toi ni personne). Ta sœur aînée à la grâce de Dieu, on l’a laissée venir sans trop barguigner. On l’a nommée Claude, quand même, pour dire à Dieu (on n’y croit pas) que bon, on attendait, on imaginait, on avait espéré… Toi, la deuxième, tu déroutes. « C’est encore une fille »: tu es une nouvelle décevante. On ne t’attendait pas. Ta sœur n’inaugurait pas le choix du roi, mais toi tu n’es même pas le choix de la reine. Tu n’es pas une princesse.

On y suit son mal-être d’être née malgré elle « dans le mauvais corps », ce « deuxième sexe » comme l’écrivait de Beauvoir. Depuis sa naissance à l’âge adulte, elle cherche sa place et essaie d’exister malgré tout, malgré son père qui, bien qu’aimant, l’a beaucoup blessée avec des propos maladroits et sexistes, tout comme les autres hommes qu’elle va rencontrer au cours de sa vie.

Il s’agit là d’un livre féministe qui donne un gros coup de poing sur la table du patriarcat.

Certaines scènes sont choquantes (par exemple, l’oncle qui abuse d’elle au vu et au su de toute la famille ou encore la doctoresse dont on détruit la réputation juste parce que c’est une femme) et surtout la condescendance avec laquelle les hommes traitent les femmes depuis des millénaires. Comme si une femme qui pense c’est rigolo un moment mais bon à un moment il faut redevenir sérieux et laisser parler ceux qui savent vraiment (sous-entendu les hommes bien sûr).

Un roman qui ne laissera personne indifférent (surtout pas les femmes) et à faire lire aux jeunes hommes d’aujourd’hui afin que la prochaine génération soit plus respectueuse et que les hommes et les femmes puissent (un jour enfin) vivre en parfaite harmonie sans rapports de force destructeurs.

Malgré le sujet grave et bouleversant, j’ai adoré la plume vive et drôle de l’auteure, je lirai ses autres livres avec grand plaisir.

Un excellent roman !

Ma note: ♥♥♥♥♥