J’ai lu: Impunité d’Hélène Devynck

Hello tout le monde !

Je vous retrouve aujourd’hui pour vous parler du témoignage Impunité de l’autrice, scénariste et journaliste Hélène Devynck.

 ♥ = Bof bof, à éviter

♥♥ = Sympa, sans plus

♥♥♥ = Pas mal du tout , j’ai passé un bon moment !

♥♥♥♥ = A lire absolument !

♥♥♥♥♥ = Attention, gros coup de cœur !

Les (♥) représentent les demis 

L’image provient de mon instagram.

impunité

Nombre de pages: 272 pages

Maison d’édition: Seuil

Date de parution (dans cette édition):23 septembre 2022

4ème de couverture:

Comme moi, plusieurs dizaines de femmes ont cru que l’époque rendait caduque notre condamnation au silence et possible celle de notre agresseur, l’un des hommes les plus connus de France.

Ça n’est pas ce qui s’est passé. On a été classées sans suite. Mais nos bulles de solitude ont éclaté. On s’est rencontrées, racontées, soutenues. On s’est fait la courte échelle pour surmonter les murs de découragement.

On a parlé plus haut, plus nombreuses.

H. D.

Mon avis:

Ce livre a été une claque pour moi. Je savais bien évidemment le sujet de ce livre avant de l’acheter mais j’en ignorais l’ampleur. J’ignorais que tant de femmes avaient été victimes de Patrick Poivre d’Arvor. Que la chaîne TF1 était forcément au courant mais couvrait son présentateur chouchou. 

Ce récit est centré sur Hélène Devynck bien entendu, car elle y raconte son histoire, son ressenti, sa honte, alors qu’elle est l’une des victimes et que ce n’est pas elle qui devrait se sentir honteuse ni coupable. Cependant, la société tend encore et toujours à être du côté de l’agresseur (présomption d’innocence) jusqu’à preuve formelle du contraire. Pas facile cependant de prouver quoi que ce soit quand on a enduré des attouchements et des viols sur son lieu de travail, qu’on s’est tu de peur de perdre son emploi peut-être ou simplement par honte, et que des années se sont écoulées avant que la vérité puisse enfin franchir la frontière de nos lèvres. Parfois il y a déjà même prescription. 

Hélène Devynck donne également la parole à de nombreuses autres femmes victimes elles aussi du présentateur vedette.

Le même schéma se répétait toujours et encore. Abus de pouvoir. 

Face à n’importe quel autre crime, c’est le criminel que la société exclut. Dès qu’il s’agit de crimes sexuels, c’est la victime qu’on condamne. Ici, à déserter ses ambitions professionnelles, sans penser une seconde que le responsable devrait partir. C’est dit avec bienveillance. C’est pire. 

Impunité, d’Hélène Devynck, page 55

Les mots de l’autrice sont forts, puissants. On ressent son assurance à travers ses paroles. Elle a su se reconstruire, donner un sens à sa vie, non sans mal. Elle a vaincu sa honte et le prouve en portant son témoignage et celui de nombreuses autres femmes à bout de bras.

Ce livre est un cri du cœur, une perche lancée à toutes les victimes de crimes sexuels. N’ayez plus peur. Vous n’êtes pas les coupables, mais les victimes. Parlez. Nous vous croyons.

A lire de toute urgence.

Ma note: ♥♥♥♥♥

J’ai lu: Les sacrifiés de Sylvie Le Bihan

Hello tout le monde !

Je vous retrouve aujourd’hui pour vous parler du roman Les sacrifiés de l’autrice Sylvie Le Bihan. J’ai lu ce livre dans le cadre du prix du Festival du LÀC 2023 duquel je fais partie du jury. Le thème commun aux romans sélectionnés est la passion, sous toutes ses formes.

 ♥ = Bof bof, à éviter

♥♥ = Sympa, sans plus

♥♥♥ = Pas mal du tout , j’ai passé un bon moment !

♥♥♥♥ = A lire absolument !

♥♥♥♥♥ = Attention, gros coup de cœur !

Les (♥) représentent les demis 

L’image provient de mon instagram.

les sacrifiés

 

Nombre de pages:  384 pages

Maison d’édition: Denoël

Date de parution (dans cette édition): 24 août 2022

4ème de couverture:

« Dans les mots que la vieille femme déposa au creux de son oreille, Encarnación perçut le murmure d’un oracle lointain : “Éloigne de toi ceux que tu aimes, car la nuit les engloutira et tu porteras leur corps…” »À l’âge de quinze ans, alors que la famine sévit dans son Andalousie natale, Juan Ortega quitte sa famille pour devenir le cuisinier d’Ignacio, un célèbre torero. Dans son sillage, à Madrid, New York et Paris, Juan se laisse happer par l’effervescence des années folles. Il croise la route du poète solaire Federico García Lorca et se consume d’amour pour Encarnación, danseuse de flamenco, muse de toute une génération d’artistes et amante d’Ignacio. Mais déjà la guerre gronde et apporte son cortège de tragédies. Hommage passionné à une Espagne légendaire, Les Sacrifiés est un roman d’apprentissage chatoyant qui dépeint la fabrique d’un héros et le prix de la gloire.

Mon avis:

Un roman qui nous fait voyager en Espagne, avant, pendant et après la seconde guerre mondiale. On y suit Juan, jeune cuisinier prometteur issu d’une famille qui s’est distinguée dans l’art de la tauromachie. Juan, lui, ne s’intéresse pas à la corrida et essaie de s’éloigner de ce monde qui est pour lui synonyme de deuil. Il va cependant accepter de devenir le cuistot attitré d’un célèbre torero, Ignacio, amant de la belle Encarnacion.

Tombé sous le charme de cette dernière, Juan va les suivre dans la capitale, à New-York ou encore Paris. Peu à peu, il va s’effacer pour être toujours présent pour Encarnacion, qu’il a promis de servir et de protéger. Dans les soirées mondaines auxquelles il va devoir assister, il va faire la connaissance du célèbre poète Federico Garcia Lorca. 

En une seule image, il parvenait à brosser un la violence et l’absence de beauté du monde moderne. En une strophe, il symbolisait l’audace et la nécessité de la poésie face à ce fracas.

Les sacrifiés, de Sylvie Le Bihan, page 108

J’ai aimé les passages avec le poète car cela donnait vraiment un sentiment de réalité au roman et j’ai aimé en connaître plus sur sa vie trépidante et dramatique à la fois. Cependant, j’ai trouvé que certaines scènes n’apportaient rien au roman, même si elles étaient très bien documentées. On sent que l’autrice est passionnée par son sujet.

Par contre, je dois avouer que le personnage d’Encarnacion m’a passablement agacée, j’ai eu l’impression qu’elle s’apitoyait un peu trop sur son sort, en piétinant les sentiments de Juan, se servant de lui quand ça l’arrange et en ne le traitant pas à sa juste valeur.

Par ailleurs, j’ai trouvé le personnage de Juan un peu trop insipide, un peu trop « chien fidèle ». Il manquait de caractère et s’oublie au profit des autres.

De plus, même si ce roman est une très belle fresque historique et j’ai aimé en savoir plus sur la tauromachie, Federico Garcia Lorca et la situation en Espagne durant cette période, j’ai trouvé certaines scènes un peu longues et la fin m’a un peu déçue. En effet, je me suis dit: « tout ça pour ça » ?

J’ai toutefois été heureuse de découvrir la plume fluide de Sylvie Le Bihan qui a fait un travail de recherche fabuleux et qui a su rendre l’Histoire passionnante malgré tout.

Ma note: ♥♥♥(♥)

J’ai lu: La boîte à magie de Camilla Läckberg et Henrik Fexeus

Hello tout le monde !

Je vous retrouve aujourd’hui pour vous parler du thriller la boîte à magie du duo d’auteurs Camilla Läckberg (que l’on ne présente plus) et Henrik Fexeus, mentaliste.

 ♥ = Bof bof, à éviter

♥♥ = Sympa, sans plus

♥♥♥ = Pas mal du tout , j’ai passé un bon moment !

♥♥♥♥ = A lire absolument !

♥♥♥♥♥ = Attention, gros coup de cœur !

Les (♥) représentent les demis 

L’image provient de mon instagram.

la boîte à magie

Nombre de pages: 672 pages

Maison d’édition: Actes Sud, Actes noirs (France Loisirs pour mon édition)

Date de parution (dans cette édition):1er juin 2022

4ème de couverture:

Gröna Lund, parc d’attraction incontournable de Stockholm. Entre manèges à l’arrêt et obscurité angoissante, une boîte transpercée d’épées contenant un corps de femme est retrouvée. Pour la nouvelle enquêtrice Mina Dahbiri, l’affaire dépasse les compétences de la police. Vincent Walder, expert en mentalisme et en communication non verbale, accepte de lui prêter main-forte.
S’agit-il d’un tour de magie qui a mal tourné ou d’un tueur machiavélique ? En complément de leurs talents, une visite dans les archives policières devrait aider le duo à trouver des réponses…

Mon avis:

Quelle claque que ce roman! Je l’ai adoré du début à la fin, et pourtant il s’agit d’une sacrée petite brique.

On y suit une inspectrice, Mina, qui enquête sur une série de meurtres que tout rattache à la magie. Cette jeune femme, pleine de TOC, va demander l’aide d’un célèbre mentaliste, Vincent Walder, afin de l’aider à faire le jour sur ces affaires.

Vincent Walder, très doué dans son métier, est pourtant complètement nul dans tout ce qui est de ses propres relations humaines.

Les chapitres s’enchainent à toute vitesse, ils sont courts et vraiment bien rythmés. 

Le duo Mina-Vincent fonctionne vraiment bien et les auteurs nous épargne une amourette qui aurait été vraiment téléphonée et pour le moins déplacée. 

J’ai trouvé les deux héros plutôt intéressants, ils sont pleins de défauts mais vraiment attachants. Ils sont humains, ont des failles. Leurs qualités sont cependant complémentaires et Vincent insuffle à Mina la confiance qui lui fait parfois défaut et elle fait de même avec lui.

Avis toutefois aux âmes les plus sensibles, certaines descriptions sont vraiment gores et j’étais déjà en larme à la fin du premier chapitre… Ce thriller prend aux tripes et joue avec nos émotions!

L’enquête est vraiment passionnante et même si je me suis doutée de la fin avant de la lire, j’ai aimé la façon dont les auteurs sont parvenus à cette conclusion, il n’y a aucune zone d’ombres, tout est expliqué à la fin. J’ai toujours adoré la plume de Camilla Läckberg pour cette raison, et ce roman, bien qu’il soit écrit à 4 mains, ne fait pas exception à la règle. On sent également l’expertise dans tout ce qui est du monde du spectacle d’Henrik Fexeus, qui apporte une originalité et une touche particulière au roman.

Bref, vous l’aurez compris, je n’ai pas pu lâcher ce thriller et me réjouis d’ores et déjà de lire la suite des aventures de nos deux anti-héros 🙂  (enfin, je prie pour retrouver un jour ce duo improbable mais essentiel)

Ma note: ♥♥♥♥♥

J’ai lu: Vivre vite de Brigitte Giraud

Hello tout le monde !

Je vous retrouve aujourd’hui pour vous parler du récit Vivre vite de l’autrice Brigitte Giraud. Elle a gagné le prix Goncourt avec cette autofiction.

 ♥ = Bof bof, à éviter

♥♥ = Sympa, sans plus

♥♥♥ = Pas mal du tout , j’ai passé un bon moment !

♥♥♥♥ = A lire absolument !

♥♥♥♥♥ = Attention, gros coup de cœur !

Les (♥) représentent les demis 

L’image provient de mon instagram.

vivre vite

Nombre de pages:  208 pages

Maison d’édition: Flammarion

Date de parution (dans cette édition): 24 août 2022

4ème de couverture:

« J’ai été aimantée par cette double mission impossible. Acheter la maison et retrouver les armes cachées. C’était inespéré et je n’ai pas flairé l’engrenage qui allait faire basculer notre existence. Parce que la maison est au coeur de ce qui a provoqué l’accident. « En un récit tendu qui agit comme un véritable compte à rebours, Brigitte Giraud tente de comprendre ce qui a conduit à l’accident de moto qui a coûté la vie à son mari le 22 juin 1999. Vingt ans après, elle fait pour ainsi dire le tour du propriétaire et sonde une dernière fois les questions restées sans réponse. Hasard, destin, coïncidences ? Elle revient sur ces journées qui s’étaient emballées en une suite de dérèglements imprévisibles jusqu’à produire l’inéluctable. À ce point électrisé par la perspective du déménagement, à ce point pressé de commencer les travaux de rénovation, le couple en avait oublié que vivre était dangereux. Brigitte Giraud mène l’enquête et met en scène la vie de Claude, et la leur, miraculeusement ranimées.

Mon avis:

Dans ce livre, l’autrice revient sur les petites choses qui, mises bout à bout, ont peut-être entrainées la mort tragique à moto de son mari, vingt ans auparavant. 

En égrainant une litanie de « et si », elle raconte les faits qui ont précédé le décès de son mari et se demande si elle aurait pu éviter ce drame en prenant d’autres décisions.

J’ai trouvé la plume très belle, précise, presque chirurgicale. Cependant, j’ai trouvé ce récit un peu froid, et un peu trop autocentré. 

A aucun moment elle ne parle des sentiments de son enfant à la perte de son père. De plus, elle se donne trop d’importance, comme si elle aurait pu éviter une chose qui apparemment était écrite ainsi. Après, je comprends bien qu’à sa place, les « et si » tourneraient aussi dans ma tête. A rendre folle.

J’ai eu l’impression qu’elle ne faisait qu’énumérer les choses qui auraient dû/pu se passer autrement et qui auraient pu sauver son mari, laissant un peu de côté finalement les sentiments qui sont pourtant au cœur de tout. 

Je pense que c’est pour ces raisons que je suis un peu passée à côté de ce récit pourtant très bien écrit qui nous fait prendre conscience de la précarité de nos vies. Dommage 😦

Ma note: ♥♥♥

J’ai lu: Votez Charlotte Walsh de Jo Piazza

Hello tout le monde !

Je vous retrouve aujourd’hui pour vous parler du roman Votez Charlotte Walsh de l’autrice américaine Jo Piazza.

 ♥ = Bof bof, à éviter

♥♥ = Sympa, sans plus

♥♥♥ = Pas mal du tout , j’ai passé un bon moment !

♥♥♥♥ = A lire absolument !

♥♥♥♥♥ = Attention, gros coup de cœur !

Les (♥) représentent les demis 

L’image provient de mon instagram.

votez Charlotte Walsh

Nombre de pages: 384 pages

Maison d’édition: Hauteville

Date de parution (dans cette édition): 2 mars 2022

4ème de couverture:

Je suis une hypocrite. Je suis pétée de thunes et je fais semblant d’appartenir à la classe moyenne. J’ai peur de perdre mon couple et ma famille mais je fais comme si tout allait pour le mieux dans le meilleur des mondes. Je ne fais pas confiance au gouvernement mais je demande aux gens de me faire confiance et de m’élire au gouvernement. Moi-même, je ne me fais pas toujours confiance.

Charlotte Walsh est candidate au Sénat lors d’élections de mi-mandat décisives pour l’avenir des États-Unis. Ébranlée par l’investiture d’un président qui divise et déterminée à changer les choses, elle quitte son poste prestigieux au sein de la Silicon Valley pour retourner, avec son mari et leurs filles, dans sa ville natale de Pennsylvanie et y faire campagne. Une fois la course lancée, Charlotte est sur tous les fronts : son adversaire est capable des manoeuvres les plus fourbes, la presse se montre féroce, et surtout, son mariage bat de l’aile. Lorsque le camp de l’opposition découvre un secret qui menace non seulement sa carrière politique, mais aussi tout ce qui lui est cher, Charlotte doit décider : jusqu’où est-elle prête à aller pour gagner ?

Mon avis:

Ce roman décrypte parfaitement ce que peut être la vie d’une femme qui se lance en politique. 

On la juge sur tout; son habillement, son physique, sa famille, son mari. Tout sauf sur ce qui compte vraiment pour le poste de sénatrice auquel elle aspire, ses idées politiques. 

Ce roman est révélateur de notre société somme toute encore beaucoup trop centrée autour des hommes et du pouvoir qu’ils peuvent avoir et ont de la peine à donner aux femmes.

Une femme puissante fait peur, hé ouais. 

L’écriture de Jo Piazza est incisive, j’ai souvent ri des situations cocasses dans lesquelles se met notre héroïne, qui n’en a rien d’une d’ailleurs. Elle peine à tout concilier, sa vie de famille, sa vie de femme et sa vie professionnelle et publique. elle est tout simplement humaine et vit la même vie que tout le monde, chose qui va lui attirer la sympathie des votants mais également lui valoir des critiques car quand on est une femme, on n’a doublement pas droit à l’erreur dans le monde de la politique. 

Heureusement, Charlotte peut compter sur le soutien de son mari qui va s’occuper des enfants et mettre sa carrière professionnelle (qui était cependant moins importante que celle de sa femme) entre parenthèse, s’érigeant malgré lui en héros qui se sacrifie pour les caprices de gloire de sa femme, alors qu’il est tout simplement heureux qu’elle aille jusqu’au bout de ses idées car il croit en elle. Cependant, on n’est jamais à l’abri des rancœurs quand tous les projecteurs sont tournés vers Charlotte et pas vers le père resté au foyer…

J’ai trouvé que ce roman cassait le mythe de la femme qui se doit de rester en retrait dans le couple et en société et abordait également le thème du couple (avec enfants), qui doit faire face à la routine, la fatigue et aux petites mesquineries. Un couple mis à mal par tous les chamboulements que cette campagne électorale induit.

L’amour, c’était la totalité des moments qui n’avaient rien de merveilleux, les crises surmontées ensemble, et le couple que vous deveniez ensuite.

Votez charlotte Walsh, de Jo Piazza, page 368-369

C’est un roman que j’ai vraiment dévoré et je me suis souvent reconnue dans le personnage de Charlotte qui est vraiment attachant. Elle doute de tout, tout le temps. C’est compliqué pour elle de se « vendre » aux yeux des votants car elle souvent déstabilisée par les critiques acerbes de son concurrent direct, le sénateur sortant qui se présente à chaque fois et qui l’attaque sur sa vie privée et son apparence ou la façon dont elle s’occupe (ou pas) de ses enfants.

Bref, coups bas seront de mise et heureusement que Charlotte saura s’entourer d’une équipe de campagne compétente et impitoyable. 

Un roman vraiment original et passionnant, qui nous en dit pas mal sur l’ambiance aux USA en ce moment.

A lire si le sujet vous intéresse et si vous aimez tout simplement les romans avec des héroïnes un peu badass. 

Ma note: ♥♥♥♥(♥)

J’ai lu: H. de Franck Bouysse

Hello tout le monde !

Je vous retrouve aujourd’hui pour vous parler du roman H. de l’auteur Franck Bouysse.

 ♥ = Bof bof, à éviter

♥♥ = Sympa, sans plus

♥♥♥ = Pas mal du tout , j’ai passé un bon moment !

♥♥♥♥ = A lire absolument !

♥♥♥♥♥ = Attention, gros coup de cœur !

Les (♥) représentent les demis 

L’image provient de mon instagram.

H.

Nombre de pages: 486 pages

Maison d’édition: Le Livre de Poche

Date de parution (dans cette édition): 4 novembre 2020

4ème de couverture:

« Qui est H. ? D’où vient-il ? Comment a-t-il surgi dans ma vie déjà bien entamée ?
Ce qui ne m’avait jamais effleuré jusqu’alors commence à m’obséder. »
Ainsi débute le journal de John W., embarqué avec l’énigmatique H. dans une expédition sur les traces de l’explorateur Sir John Lucas parti vers l’île de Pâques. Un périple tumultueux comme le seront les errements de Walter Croft, un médecin aliéniste de l’asile de Bedlam et de son étrange patient Jonas… Des bas-fonds de l’East End où rode l’ombre de Jack l’Eventreur aux confins de l’Atlantique et de la forêt amazonienne, Franck Bouysse propose ici un véritable voyage initiatique ciselé comme une intrigue policière.

Paru initialement en trois volumes indépendants, H. est aussi un magnifique hommage aux univers de J. Verne, R. L. Stevenson, C. Doyle ou encore H. Melville.

Mon avis:

Il s’agit là de 3 courts romans regroupés pour ne former qu’un volume. J’ai adoré le premier volume, « Journal de John W.  » qui retranscrit l’expédition de John W. avec le fameux H., homme mystérieux dont on ne sait rien à part qu’il est un grand explorateur doublé d’un anthropologue passionné et acharné. 

On sent de suite que John est fasciné par H., il le suit partout et retranscrit toutes ses pensées dans son journal de bord. Il délaisse d’ailleurs sa femme pour le suivre, au grand désespoir de celle-ci, Mary. J’ai aimé la narration par journal, cela donne un rythme particulier au récit. De plus, j’ai trouvé que ce premier volume avait vraiment une touche de Lovecraft car on sent l’angoisse que ressent John et la folie dans laquelle il verse peu à peu. 

Les deux volumes d’après, « les ruelles sans étoiles » et « la huitième lettre » ont un style un peu différent même s’ils sont très bien écrits eux aussi. S’ils sont dans la continuité direct du premier volume, le narrateur a changé. L’histoire initiée dans le premier volume s’entrecroise avec les crimes commis par Jack l’Eventreur, ce qui rend le tout encore plus angoissant.

Franck Bouysse prouve avec ce roman qu’il est capable de changer complètement de style d’écriture et de type de roman. Sa plume est riche, profonde. Les phrases toujours bien formulées, les ambiances retranscrites avec brio.

Ce recueil est un grand roman d’aventure, avec une touche de science-fiction. Un roman qui se dévore tant on a envie de connaître la finalité de l’histoire. D’ailleurs, ce scénario serait génial en série télévisée, tant le découpage de Franck Bouysse s’y prête parfaitement.

J’ai juste trouvé à des moments qu’on ne comprenait plus trop qui était qui, c’est pourquoi on rate juste la case « coup de coeur », mais vraiment de pas grand chose.

J’ai hâte de lire « l’homme peuplé » du même auteur qui est sorti cet été (pour la rentrée littéraire) car j’ai vraiment envie de me replonger dans sa plume qui sait nous embarquer de la première à la dernière page. Je crois qu’on a tous besoin de s’échapper un peu en cette fin d’année!

Ma note: ♥♥♥♥

J’ai lu: Bass Rock d’Evie Wyld

Hello tout le monde !

Je vous retrouve aujourd’hui pour vous parler du roman Bass Rock de l’autrice Evie Wyld.

 ♥ = Bof bof, à éviter

♥♥ = Sympa, sans plus

♥♥♥ = Pas mal du tout , j’ai passé un bon moment !

♥♥♥♥ = A lire absolument !

♥♥♥♥♥ = Attention, gros coup de cœur !

Les (♥) représentent les demis 

L’image provient de mon instagram.

bass rock

Nombre de pages: 336 pages

Maison d’édition: Actes Sud

Date de parution (dans cette édition): 5 janvier 2022

4ème de couverture:

Dans l’Écosse superstitieuse du XVIIIe siècle, Sarah, une jeune fille de quatorze ans traquée pour sorcellerie, est secourue par le pasteur du village. Ils prennent la fuite à travers la forêt mais sont rapidement pris en chasse.
Après avoir épousé un vétéran de la Seconde Guerre mon­diale père de deux enfants, Ruth part s’installer sur la côte écossaise, au bord de la mer du Nord. Dans sa grande demeure, face à l’îlot de Bass Rock et à ses colonies de fous de Bassan, le bonheur semble à portée de main, et pourtant… Les voyages d’affaires de son mari se font de plus en plus fréquents, et l’étrange présence qu’elle perçoit dans la maison ne fait qu’accen­tuer son malaise.
Six décennies plus tard, Viviane, une quadra londonienne un peu paumée, retourne dans la maison de vacances de son enfance. Tandis qu’elle y dresse l’inventaire des biens de son aïeule Ruth, des fragments du passé refont surface, éclairant d’un jour nouveau la légende familiale.
Sarah, Ruth, Viviane, un même destin, à travers les années : une vie circonscrite par les désirs des hommes.
Evie Wyld signe ici une saga ensorcelante, peuplée d’esprits et de fantômes, sur la masculinité toxique et la solidarité des femmes.

Mon avis:

J’ai été très clairement attirée par la couverture de ce roman que je trouve splendide. Et puis, la quatrième de couv’ était alléchante, avec des histoires de femmes à travers les âges qui finissent par se recouper de par leurs ressemblances. De la sorcellerie? Un roman féministe ? Tous les ingrédients étaient présents à priori pour que ce roman me plaise. Et pourtant…

J’ai trouvé ce roman un peu embrouillé. On suit 3 femmes dans 3 époques différentes, on change donc d’époque à chaque chapitre, mais il n’y a pas de titre nous rappelant quand se passe l’action (enfin oui il y a I, II et III qui se réfèrent aux différentes époques mais c’est loin d’être super clair) et je dois avouer avoir eu parfois de la peine à comprendre de qui on parlait, s’il s’agissait encore d’une autre personne ou de la continuité d’un personnage déjà présenté précédemment, surtout dans les chapitres se passant au XVIIIème siècle. 

Je n’ai pas réussi à m’attacher aux personnages, j’ai trouvé le tout très fouillis et c’est bien dommage car le thème du roman était prometteur mais l’autrice m’a égarée en chemin. Les parties que j’ai appréciées sont celles où l’on suit Ruth, une jeune femme timide marié à un homme plutôt aisé et qui doit prendre sa place en tant que belle-mère (son mari a deux fils) et comme femme de la maison, dans un village plutôt fermé avec un prêtre aux manières vraiment insistantes et louches. J’aurais voulu qu’on suive surtout Ruth car c’est le personnage le plus intéressant du roman.

La plume de l’autrice est fluide et poétique, pour moi c’est surtout la manière de présenter les choses qui ne m’a pas vraiment convenu.  Pas un flop total car certains chapitres m’ont vraiment captivée, mais le tout n’était pas assez cohérent à mon goût. Dommage 😦

Ma note: ♥♥(♥)


J’ai lu: Le puits de LU Wenfu

Hello tout le monde !

Je vous retrouve aujourd’hui pour vous parler du recueil de nouvelles Le puits de l’auteur chinois LU Wenfu.

 ♥ = Bof bof, à éviter

♥♥ = Sympa, sans plus

♥♥♥ = Pas mal du tout , j’ai passé un bon moment !

♥♥♥♥ = A lire absolument !

♥♥♥♥♥ = Attention, gros coup de cœur !

Les (♥) représentent les demis 

L’image provient de mon instagram.

le puits

Nombre de pages: 244 pages

Maison d’édition: Picquier poche

Date de parution (dans cette édition): 6 janvier 2022

4ème de couverture:

LU Wenfu pose un regard caustique et tendre sur la vie pittoresque des ruelles de Suzhou, cette ville célèbre pour ses jardins délicats et ses canaux.Ici c’est autour d’un puits que se retrouvent les voisins, pour bavarder, propager les rumeurs… et se moquer d’une intellectuelle de leur entourage dont la renommée scientifique est insupportable aux esprits mesquins. Il arrive aussi qu’une retraitée reçoive son diplôme trente-cinq ans après avoir terminé ses études ! Cette « jeune diplômée » est confrontée au harcèlement de ses proches qui voudraient qu’elle fasse le vide dans une maison encombrée de vieilleries. Mais chaque meuble, chaque vêtement a son histoire…On retrouve dans les récits de Lu Wenfu le même esprit peu soucieux d’orthodoxie, le même mode de narration imagé, orné de citations poétiques ou de slogans politiques, pour tisser des comédies douces-amères de la Chine populaire.

Mon avis:

Ce recueil comprend 2 nouvelles plutôt longues que j’ai vraiment appréciées. Elles mettent la place de la femme au centre, dans un pays aux mœurs plutôt sexistes et où le patriarcat est très présent, surtout dans le monde du travail. J’ai trouvé cela très intéressant, d’autant plus que ce livre a été écrit par un homme.

Dans la première, on suit un homme de classe moyenne, un peu loser, qui habite dans un quartier populaire où les commères passent leur temps à cancaner autour du puits du quartier, qui épouse une femme qui a fait des études et fait carrière, accédant à un poste et un salaire plus élevé que lui.

Bien entendu, les gens vont jaser, une femme qui a plus de succès que son mari, ce n’est pas habituel. Le mari va d’ailleurs plutôt mal le prendre à la longue et va commencer à devenir très jaloux et vouloir pourrir la vie de sa femme, jusqu’au point de rupture.

J’ai trouvé cette nouvelle très intéressante, on sent la jeune femme piégée dans une relation avec un homme qui a changé à partir du moment où sa femme s’émancipe un peu. 

La seconde nouvelle parle d’une retraitée qui reçoit son diplôme 35 ans après avoir fait des études. Cette femme qui accumule beaucoup de choses dans son petit logement, accordant beaucoup d’importance à toutes ses possessions. J’ai trouvé cette nouvelle très touchante car finalement dans notre ère où le minimalisme est souvent de mise, j’ai trouvé cette vieille dame vraiment adorable. Son mari n’ose pas s’imposer car il sait combien ce fouillis ambiant rassure sa femme. Chaque objet a son histoire, le rendant indispensable au bon fonctionnement du foyer.

Bref, deux nouvelles sur les mœurs en Chine et sur la vie, tout simplement. De jolis portraits de femmes qui essaient de reprendre les rênes de leur vie et de s’affirmer.

J’ai bien envie de découvrir d’autres écrits de cet écrivain à la plume si particulière né en 1928 et décédé en 2005.

Ma note: ♥♥♥♥


J’ai lu: Les âmes grises de Philippe Claudel

Hello tout le monde !

Je vous retrouve aujourd’hui pour vous parler du roman Les âmes grises de l’auteur Philippe Claudel.

 ♥ = Bof bof, à éviter

♥♥ = Sympa, sans plus

♥♥♥ = Pas mal du tout , j’ai passé un bon moment !

♥♥♥♥ = A lire absolument !

♥♥♥♥♥ = Attention, gros coup de cœur !

Les (♥) représentent les demis 

L’image provient de mon instagram.

les âmes grises

Nombre de pages: 286 pages

Maison d’édition: Le livre de poche

Date de parution (dans cette édition): 28 février 2006

4ème de couverture:

« Elle ressemblait ainsi à une très jeune princesse de conte, aux lèvres bleuies et aux paupières blanches. Ses cheveux se mêlaient aux herbes roussies par les matins de gel et ses petites mains s’étaient fermées sur du vide. Il faisait si froid ce jour-là que les moustaches de tous se couvraient de neige à mesure qu’ils soufflaient l’air comme des taureaux. On battait la semelle pour faire revenir le sang dans les pieds. Dans le ciel, des oies balourdes traçaient des cercles. Elles semblaient avoir perdu leur route. Le soleil se tassait dans son manteau de brouillard qui peinait à s’effilocher. On n’entendait rien. Même les canons semblaient avoir gelé.
« C’est peut-être enfin la paix… hasarda Grosspeil.
– La paix mon os !» lui lança son collègue qui rabattit la laine trempée sur le corps de la fillette. »

Mon avis:

Ce livre est plongé dans une ambiance brumeuse, humide et froide.

Son rythme est lent, le romancier prend tout son temps pour poser les bases de son intrigue, il insère insidieusement des éléments ou indices. L’écriture va droit au but, sans fioritures. L’auteur ne s’encombre pas non plus de dialogues inutiles, cela créé vraiment un rythme de lecture particulier. On savoure chaque phrase, chaque mot utilisé exactement à la bonne place.

Ce n’est pas un policier ni un thriller à proprement parlé, même si il y a un meurtre et une enquête. Au début, on sait très peu de choses du narrateur, on ne sait même pas qui il est, on le comprend peu à peu au fil des pages. C’est un procédé littéraire assez unique.

Ce roman est un miroir grossissant de toute la misère et la tristesse humaine. Finalement, personne n’est vraiment tout blanc ou tout noir, d’où le titre si bien trouvé et ce passage (entre autres) qui a résonné particulièrement en moi:

« Les salauds, les saints, j’en ai jamais vu. Rien n’est ni tout noir, ni tout blanc, c’est le gris qui gagne. Les hommes et leurs âmes, c’est pareil… T’es une âme grise, joliment grise, comme nous tous… »

Les âmes grises de Philippe Claudel, page 134

Bref, un roman qui laisse un arrière-goût doux-amer et qui comme vous l’aurez compris a su me toucher. Je le garderai précieusement dans ma bibliothèque pour une future relecture.

Ma note: ♥♥♥♥♥


J’ai lu: Dans la forêt de Jean Hegland

Hello tout le monde !

Je vous retrouve aujourd’hui pour vous parler du roman Dans la forêt de l’autrice Jean Hegland.

 ♥ = Bof bof, à éviter

♥♥ = Sympa, sans plus

♥♥♥ = Pas mal du tout , j’ai passé un bon moment !

♥♥♥♥ = A lire absolument !

♥♥♥♥♥ = Attention, gros coup de cœur !

Les (♥) représentent les demis 

L’image provient de mon instagram.

dans la forêt

Nombre de pages: 308 pages

Maison d’édition: Gallmeister

Date de parution (dans cette édition): 7 juin 2018

4ème de couverture:

Nell et Eva, dix-sept et dix-huit ans, vivent depuis toujours dans leur maison familiale, au cœur de la forêt. Quand la civilisation s’effondre et que leurs parents disparaissent, les deux sœurs demeurent seules, bien décidées à survivre. Il leur reste, toujours présentes,  leur passion de la danse et de la lecture. Mais face à l’inconnu, il va falloir apprendre à grandir autrement, à se battre et à faire confiance à la forêt qui les entoure, emplie d’inépuisables richesses.

Mon avis:

Un roman coup de poing, une dystopie pas si éloignée de notre quotidien, où la société telle qu’on la connait a été bouleversée par le manque de carburant et d’électricité. Toute l’économie s’est effondrée en quelques semaines. Nelle et Eva, deux soeurs livrées à elles-mêmes dans la maison familiale au milieu de la forêt, apprennent à se débrouiller seules.

J’ai trouvé ce roman vraiment angoissant, car il aborde des thèmes pour le moins sensibles en ce moment, avec les pénuries d’électricité et la hausse des prix du carburant. Toutes ces peurs sont cristallisées dans ce roman criant de vérité.

L’écriture de Jean Hegland est très belle, dense mais parfaitement accessible. 

J’ai aimé la relation entre les deux soeurs, entre amour et haine parfois, mais attachées l’une à l’autre d’une manière viscérale. 

Chacune n’a plus que l’autre dans la vie, leurs parents étant morts, et leurs qualités et talents sont complémentaires. 

Chacune doit faire le deuil de leur ancienne vie et se concentrer sur le présent et surtout sur leur survie.

J’ai admiré la façon qu’elles ont de se débrouiller, même si la fin ouverte nous laisse imaginer leur avenir (qui pour moi est plus qu’incertain mais bon). Ces deux filles font preuve d’un courage hors du commun et ont des ressources insoupçonnées. 

Un conte moderne plutôt cruel et très violent à des moments mais qui fait énormément réfléchir sur la valeur effective des biens que nous possédons. Dans une société qui prône la surconsommation, ce roman est comme une sonnette d’alarme qui nous pousse à nous recentrer sur l’essentiel et à faire confiance à Mère Nature.

Une belle leçon de vie et une histoire dont je me souviendrai longtemps.

Ma note: ♥♥♥♥(♥)