J’ai lu: Jaracanda de Gaël Faye

Hello tout le monde !

Je vous retrouve aujourd’hui pour vous parler du roman Jaracanda de l’auteur Gaël Faye. J’ai eu la chance d’assister à sa conférence au salon le Livre sur les quais à Morges en 2024 et lui faire dédicacer son nouveau roman. Il a gagné le prix Renaudot.

 ♥ = Bof bof, à éviter

♥♥ = Sympa, sans plus

♥♥♥ = Pas mal du tout , j’ai passé un bon moment !

♥♥♥♥ = A lire absolument !

♥♥♥♥♥ = Attention, gros coup de cœur !

Les (♥) représentent les demis 

L’image provient de mon instagram.

Nombre de pages: 288 pages

Maison d’édition:  Grasset

Date de parution (dans cette édition): 14 août 2024

4ème de couverture:

Quels secrets cache l’ombre du jacaranda, l’arbre fétiche de Stella ? Il faudra à son ami Milan des années pour le découvrir. Des années pour percer les silences du Rwanda, dévasté après le génocide des Tutsi. En rendant leur parole aux disparus, les jeunes gens échapperont à la solitude. Et trouveront la paix près des rivages magnifiques du lac Kivu.
Sur quatre générations, avec sa douceur unique, Gaël Faye nous raconte l’histoire terrible d’un pays qui s’essaie malgré tout au dialogue et au pardon. Comme un arbre se dresse entre ténèbres et lumière, Jacaranda célèbre l’humanité, paradoxale, aimante, vivante.

Mon avis:

1994, Versailles, France.

Milan a 12 ans lorsqu’il entend parler – à la télé – du génocide rwandais. Le pays d’origine de sa mère mais dont elle refuse de lui parler, ayant tiré un trait sur tout ce pan de sa vie.

Un silence pesant pour Milan et qui sera de plus en plus lourd au fil des années.

4 ans plus tard, sa mère doit partir quelques temps au Rwanda pour régler des affaires familiales et emmène Milan avec elle. Il découvre alors un pays totalement différent de la France mais dans lequel il se sent bien. Il se liera rapidement d’amitié avec Claude et Sartre, des férus de musique tout comme lui.

Le Rwanda est en phase de reconstruction après les horreurs commises par les Hutus envers les Tutsis. Milan découvre un pays où les survivants doivent apprendre à vivre aux côtés de leurs bourreaux d’hier et essayer d’aller de l’avant, pour rebâtir ensemble un pays uni.

Revenu entre-temps en France, Milan devra attendre ses 23 ans pour retourner au Rwanda et essayer de comprendre mieux les choses, même s’il peine à trouver des personnes qui acceptent d’évoquer le génocide. Il est logé par une amie de sa mère, tante Eusébie – que nous avions déjà rencontrée dans « petit pays » – et s’attache très vite à sa fille Stella – une enfant aux yeux clairs qui semble ressentir les émotions des disparus – qu’il considère comme sa petite sœur. L’auteur revient sur les drames qui ont jonchés la vie d’Eusébie, des passages très durs à lire.

« Ma mère non plus ne m’a jamais raconté son histoire et j’aurais préféré l’apprendre avant les autres. mais bizarrement, c’est plus simple pour elle de s’adresser à des millions de personnes que de parler directement à sa propre fille. « 

Jaracanda, de Gaël Faye, page 227.

Gaël Faye évoque le Rwanda avec une lucidité et une sensibilité à fleur de peau et le pays est un personnage à part entière du roman. Les descriptions sont si imagées qu’on a l’impression d’évoluer dans les rues de Kibuye ou Kigali avec Milan.

« – Tu viens ici en touriste et tu repartiras en pensant avoir passé de bonnes vacances. Mais on ne vient pas en vacances sur une terre de souffrances. Ce pays est empoisonné. On vit avec les tueurs autour de nous et ça nous rend fous. Tu comprends? Fous! »

Jaracanda, de Gaël Faye, page 89.

Un roman qui parle de notre besoin d’appartenance et de la recherche de nos racines mais surtout de la résilience d’un pays tout entier.


Avec ce second ouvrage, Gaël Faye confirme qu’il est un conteur fabuleux, touché par la grâce.

Un bijou.

Ma note: ♥♥♥♥♥


J’ai lu: L’enragé de Sorj Chalandon

Hello tout le monde !

Je vous retrouve aujourd’hui pour vous parler du roman L’enragé de l’auteur Sorj Chalandon.  

 ♥ = Bof bof, à éviter

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Nombre de pages: 416 pages

Maison d’édition: Grasset

Date de parution (dans cette édition): 16 août 2023

4ème de couverture:

« En 1977, alors que je travaillais à Libération, j’ai lu que le Centre d’éducation surveillée de Belle-Île-en-Mer allait être fermé. Ce mot désignait en fait une colonie pénitentiaire pour mineurs. Entre ses hauts murs, où avaient d’abord été détenus des Communards, ont été « rééduqués » à partir de 1880 les petits voyous des villes, les brigands des campagnes mais aussi des cancres turbulents, des gamins abandonnés et des orphelins. Les plus jeunes avaient 12 ans.
Le soir du 27 août 1934, cinquante-six gamins se sont révoltés et ont fait le mur. Tandis que les fuyards étaient cernés par la mer, les gendarmes offraient une pièce de vingt francs pour chaque enfant capturé. Alors, les braves gens se sont mis en chasse et ont traqué les fugitifs dans les villages, sur les plages, dans les grottes. Tous ont été capturés.Tous ? Non : aux premières lueurs de l’aube, un évadé manquait à l’appel.
Je me suis glissé dans sa peau et c’est son histoire que je raconte. Celle d’un enfant battu qui me ressemble. La métamorphose d’un fauve né sans amour, d’un enragé, obligé de desserrer les poings pour saisir les mains tendues. » S.C.

Mon avis:

Dans ce roman inspiré de faits réels, nous allons suivre l’âpre quotidien d’un adolescent, Jules Bonneau, enfermé dans une colonie pénitentiaire pour mineurs à Belle-Ile-en-Mer, en 1934.

Un jour, Jules et une cinquantaine d’autres enfants vont tenter de s’échapper. Mais sur une île, difficile de se cacher longtemps, surtout quand les habitants sont payés grassement pour « rendre » les jeunes hommes qu’ils retrouvent.

Tous seront repris. Tous, sauf Jules.

J’ai aimé la détermination de ce jeune homme à qui la vie n’a pas fait de cadeaux. On s’attache immédiatement à ce « gamin » qui n’arrive pas à faire confiance aux gens car on ne lui a jamais fait confiance non plus. 

Après un début un peu lent et un peu confus le temps que tous les personnages soient présentés, je n’ai plus pu lâcher ce beau roman qui parle de rédemption, d’amitié et de courage.

L’intrigue est palpitante et passionnante et j’ai aimé découvrir la plume de Sorj Chalandon que je ne connaissais que de nom.

Une réussite!

Ma note: ♥♥♥♥(♥)

J’ai lu: Stardust de Léonora Miano

Hello tout le monde !

Je vous retrouve aujourd’hui pour vous parler du récit Stardust de l’autrice camerounaise Léonora Miano.

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Nombre de pages: 220 pages

Maison d’édition: Pocket

Date de parution (dans cette édition): août 2023

4ème de couverture:

« Lasse de l’errance en couple, elle avait préféré se débrouiller seule. Impossible de rester auprès d’un garçon qui ne parvenait pas à devenir un homme. En une fraction de seconde, elle avait décidé de sauter sans filet. C’était le seul moyen d’empêcher la haine de s’installer là où il n’y avait déjà plus de respect. Elle avait emmené Bliss, serrant contre son cœur la plus belle part de lui. Alors qu’un soleil pâle s’apprêtait à trouer les nuages, Louise avait dit : Je pars avec la petite. Pas un mot de plus. »

Écrit il y a plus de vingt ans, ce roman relate la période au cours de laquelle Léonora Miano, jeune mère de 23 ans sans domicile ni titre de séjour, fut accueillie avec sa fille dans un centre de réinsertion et d’hébergement d’urgence du 19e arrondissement de Paris. 

Mon avis:

Ce roman parle d’une jeune femme, Louise, mais on comprend très vite que l’autrice nous raconte une période très difficile de sa propre vie.

Sous couvert de l’histoire de Louise, Léonora Miano va nous raconter son arrivée en France avec son petit ami, la découverte de sa grossesse puis son départ avec sa fille Bliss quand elle s’est rendue compte qu’elle ne pouvait pas compter sur son homme. 

Va alors commencer pour elle le parcours du combattant pour trouver un logement et vivre de manière décente. Comment avouer à sa grand-mère, restée au Cameroun, – à qui elle écrit régulièrement – , qu’elle est loin d’avoir la vie rêvée qu’elle pensait avoir en quittant son pays ?

Cette jeune maman va être confrontée à la misère la plus crasse et n’aura de cesse de garder – par fierté – la tête hors de l’eau.  Pour vivre dignement avec sa fille et lui transmettre de belles valeurs.

Ce livre retranscrit très bien les problèmes que rencontrent les personnes qui n’ont rien et qui son tributaires des administrations ou d’associations pour savoir si elles auront un toit au-dessus de leur tête le jour d’après. La violence de la précarité. 

Léonora Miano nous conte cette partie de sa vie avec beaucoup de tact et j’ai apprécié sa plume que j’ai trouvée plutôt percutante et très lucide. J’ai cependant trouvé que tous les passages dans les centres sociaux étaient un peu lents, ce qui cassait un peu le rythme du roman. De plus, le fait que l’écriture de Léonora Miano soit assez hachée, presque chirurgicale de par sa précision dans la retranscription des faits a un peu enlevé le côté émotionnel que je pensais y trouver.

De plus, pour ma part, j’aurais voulu suivre plus longtemps Louise et sa fille Bliss et j’ai trouvé dommage qu’on ne sache pas vraiment comme cela allait se terminer pour elles.

Un beau roman néanmoins sur une femme courageuse et inspirante. Je lirai avec plaisir d’autres romans de l’autrice car sa plume était vraiment très belle, malgré le sujet difficile abordé.

Ma note: ♥♥♥(♥)


J’ai lu: La petite fille du passage Ronce d’Esther Senot

Hello tout le monde !

Je vous retrouve aujourd’hui pour vous parler du récit La petite fille du passage Ronce d’Esther Senot écrit avec Isabelle Ernot, historienne.

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la petite fille du passage ronce

Nombre de pages: 192 pages

Maison d’édition: Grasset

Date de parution (dans cette édition): 28 avril 2021

4ème de couverture:

« Promets-moi de dire au monde ce que des hommes ont été capables de faire à d’autres  ». Telle a été l’espérance formulée par Fanny quelques heures avant son assassinat dans les chambres à gaz d’Auschwitz-Birkenau. Aujourd’hui, sa jeune sœur Esther tient sa promesse.
Dans les années 1930, sa famille fuyant l’antisémitisme polonais, migre vers la France et s’installe passage Ronce, quartier de Belleville. C’est là qu’Esther grandit avec ses cinq frères et sa sœur, dans ce quartier populaire, avec ses marchés, ses rues poussiéreuses, ses échoppes de cordonniers et de tailleurs. Une existence modeste mais heureuse qui bascule en mai 1940. Il y a d’abord l’arrestation de son frère Marcel puis celle de Samuel, envoyé à Drancy. La rafle du Vel d’Hiv les 16 et 17 juillet 1942 est un coup de hache. Esther ne reverra jamais ses parents. Elle se réfugie chez une gardienne, réussit à gagner la zone libre, revient à Paris où elle est finalement arrêtée lors d’un contrôle d’identité puis internée au camp de Drancy. Birkenau  : Esther est rasée, tatouée, on lui assigne une baraque, un kommando. L’enfer commence  : le travail forcé, le froid, la promiscuité, les coups, la maladie, la faim. Et la mort, partout.
Soixante-quinze ans après la libération des camps, Esther continue de faire vivre la mémoire des siens et d’honorer la promesse faite à sa sœur. La Petite fille du passage ronce est ce récit, mais aussi un projet historique et littéraire différent. Avec la complicité d’Isabelle Ernot, il s’ouvre comme un diptyque : le témoignage est suivi par un dialogue avec les disparus, par des lettres, à sa sœur Fanny et à sa mère Gela, ou encore lors d’une déambulation sur son chemin d’écolière entre Ménilmontant et Belleville. Le récit revient sans cesse vers ce passage Ronce, disparu, qui n’existe plus qu’ici  : en cette stèle de mots, vivace et émouvante.

Mon avis: 

La petite fille du passage Ronce est un témoignage poignant et puissant d’une survivante de la Seconde Guerre Mondiale. 

Le phrasé est particulier, on a l’impression d’entendre sa voix quand on lit ses mots et cela rend le tout encore plus bouleversant. 

Depuis la montée du nazisme et le début de la guerre, elle raconte comment les choses ont imperceptiblement changé au fil des mois, tel un piège se refermant sur sa famille et les autres Juifs établis en France, les empêchant de fuir à temps.

Esther Senot n’est pas une femme de lettres mais elle a dédié sa vie à témoigner dans les écoles de son vécu et de l’horreur qui a décimé sa famille. C’est grâce à l’aide de l’historienne Isabelle Ernot qu’elle a pu mettre sur papier son histoire comme héritage mémoriel. 

Durant trois ans, je me suis battue pour survivre. Je me répétais: « Tu es jeune, tu dois vivre, tu vas vivre! »

J’ai survécu et puis j’ai voulu mourir. 

La petite fille du passage Ronce, d’Esther Senot, page 11

Le livre est parsemé de photos d’époque qui donnent encore plus d’impact aux mots. En effet, comment ces personnes souriantes, qui croquaient la vie à pleine dents, on pu être effacées du tableau si rapidement et d’une façon si effroyable par les SS ? Comment survit-on au massacre de notre famille?

Esther Senot est une survivante mais surtout c’est une femme courageuse qui, enfant, avait fait une promesse à sa sœur Fanny, décédée dans les camps. La promesse – si elle s’en sortait – de témoigner et de raconter leur histoire. Pour ne jamais oublier.

Promesse tenue.

Ma note: ♥♥♥♥♥

J’ai lu: La carte postale d’Anne Berest

Hello tout le monde !

Je vous retrouve aujourd’hui pour vous parler du roman La carte postale de l’autrice Anne Berest. 

 ♥ = Bof bof, à éviter

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la carte postale

Nombre de pages: 512 pages

Maison d’édition: Grasset

Date de parution (dans cette édition): 18 août 2021

4ème de couverture:

C’était en janvier 2003.
Dans notre boîte aux lettres, au milieu des traditionnelles cartes de voeux, se trouvait une carte postale étrange.
Elle n’était pas signée, l’auteur avait voulu rester anonyme.
L’Opéra Garnier d’un côté, et de l’autre, les prénoms des grands-parents de ma mère, de sa tante et son oncle, morts à Auschwitz en 1942.
Vingt ans plus tard, j’ai décidé de savoir qui nous avait envoyé cette carte postale. J’ai mené l’enquête, avec l’aide de ma mère. En explorant toutes les hypothèses qui s’ouvraient à moi. Avec l’aide d’un détective privé, d’un criminologue, j’ai interrogé les habitants du village où ma famille a été arrêtée, j’ai remué ciel et terre. Et j’y suis arrivée.
Cette enquête m’a menée cent ans en arrière. J’ai retracé le destin romanesque des Rabinovitch, leur fuite de Russie, leur voyage en Lettonie puis en Palestine. Et enfin, leur arrivée à Paris, avec la guerre et son désastre.
J’ai essayé de comprendre comment ma grand-mère Myriam fut la seule qui échappa à la déportation. Et éclaircir les mystères qui entouraient ses deux mariages. J’ai dû m’imprégner de l’histoire de mes ancêtres, comme je l’avais fait avec ma sœur Claire pour mon livre précédent, Gabriële.
Ce livre est à la fois une enquête, le roman de mes ancêtres, et une quête initiatique sur la signification du mot « Juif » dans une vie laïque.

Mon avis: 

Un roman à tiroirs dont j’ai aimé découvrir les secrets.

L’autrice part d’un fait réel – sa maman a reçu un jour une carte postale anonyme mentionnant 4 noms de personnes disparues pendant la seconde guerre mondiale – pour remonter le temps et enquêter sur ses ancêtres et plus particulièrement sur les membres de sa famille qui ont été tués lors de la Shoah. 

Ce livre bénéficie d’une construction vraiment intéressante; On alterne passé et présent et peu à peu on arrive à remonter le temps et à comprendre – avec l’autrice – ce qui est arrivé à Ephraïm, Emma, Noemie et Jacques, les prénoms mentionnés sur la fameuse carte postale.

L’histoire est tragique et d’autant plus poignante parce qu’elle est vraie, certains passages sont vraiment émouvants et durs à lire. J’ai été émue aux larmes bien des fois. 

Chaque semaine, M. Brians, le maire des Forges, doit envoyer une liste à la Préfecture de l’Eure. Une liste qui s’intitule: « Juifs existants à ce jour sur la commune ».

Ce jour-là, monsieur le maire écrit, en s’appliquant de son écriture ronde et joliment calligraphiée, avec la satisfaction du travail bien fait:

« Néant. »

La carte postale, d’Anne Berest, page 197

Puis vient la recherche par les rescapés de la guerre des membres de leur famille, attente insupportable et interminable où l’espoir essaie d’annihiler la raison. « Ils sont forcément vivants… » et puis, le désespoir quand on comprend qu’on est seul, que de notre famille il ne reste rien, que l’horreur est survenue et que plus rien ne sera jamais comme avant. Puis vient le temps également du sentiment de culpabilité des survivants.. pourquoi eux ont-ils survécu et les autres ont-ils succombés ?

Sur la base des souvenirs de sa maman et des documents qu’elle a pu trouver avec cette dernière, Anne Berest tisse le fil d’une histoire hors du commun, d’une famille bien partie dans la vie et dont les membres étaient promis au succès et dont l’élan a été brisé net. Un arbre généalogique saccagé et piétiné par des esprits malades qui avaient décidé que les Juifs devaient être exterminés.

L’autrice se questionne beaucoup sur son statut de juive, elle qui ne s’est jamais vraiment définie ou même considéré comme telle. On sent à travers ses mots le chamboulement qu’a été pour elle la découverte de la vérité sur sa famille, marquée bien malgré elle par le sceau du malheur.

Un livre puissant,  bouleversant et passionnant.

Ma note: ♥♥♥♥♥

J’ai lu: Chef de Gautier Battistella

Hello tout le monde !

Je vous retrouve aujourd’hui pour vous parler du roman Chef de l’auteur Gautier Battistella, en lice pour le prix du Festival du LÀC 2023.

 ♥ = Bof bof, à éviter

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chef

Nombre de pages: 336 pages

Maison d’édition: Grasset

Date de parution (dans cette édition): 2 mars 2022

4ème de couverture:

Les Promesses, trois étoiles au Guide et une clientèle venue de Singapour, Dubaï ou San Francisco. Un succès retentissant confirmé par le sacre du patron, Paul Renoir, 62 ans, tout juste élu « meilleur chef du monde » par ses pairs. Jusqu’à ce lundi matin, où l’on découvre son corps et le fusil de chasse avec lequel il a mis fin à ses jours. Stupeur. Le monde de la gastronomie est en deuil. Pourquoi ce cuisinier exceptionnel a-t-il choisi d’en finir ?
Juste avant sa mort, une équipe de Netflix était venue tourner un portrait de Renoir. Souvenirs de famille, origine de sa vocation, étapes de son ascension : son récit cache peut-être le secret de son suicide. A moins qu’il ne faille le chercher dans la bataille qui fait rage autour de son héritage. Entre sa veuve, Natalia, le sous-chef Christophe, son fils Mathias et Albinoni, le concurrent sans scrupule, les tensions s’exacerbent. Confrontés au décès soudain de l’ogre, prétendants au trône, conspirations et joute des egos vont se révéler.
Chef, c’est aussi l’histoire de la cuisine française depuis la Seconde Guerre mondiale. Paul a tout appris de sa grand-mère, une amie d’Eugénie Brazier, l’emblématique « mère lyonnaise ». Les femmes ont inventé la gastronomie, avant que les hommes ne se l’approprient et ne la rendent célèbre. Aux côtés des Bocuse, Loiseau ou Ducasse, Paul Renoir accompagne la naissance de la Nouvelle Cuisine dans les années 1970, prémisses à la starisation actuelle des chefs.
Premier grand roman consacré à la cuisine française, Chef peint l’exigence d’un monde macho, violent, où la drogue, l’alcool et le sexe sont souvent les seuls moyens de tenir. En contrepoint, il donne à voir la complicité des brigades et la conscience d’exercer un métier d’artisan et de passion. Un livre de chair et de sang et le portrait d’hommes simples, acharnés à réinventer la magie, la beauté, l’excellence.

Mon avis: 

Je n’avais aucune idée de comment cela se passe dans les cuisines d’un grand restaurant, ma seule référence étant Ratatouille, vous voyez le niveau. 😉

Le sujet d’ailleurs, à la base, ne m’intéresse pas particulièrement. J’aime bien manger mais les grands restaurants, très peu pour moi, je préfère de loin une brasserie conviviale et sans prétention 😉 Je ne connais donc rien au monde de la gastronomie et encore moins au monde des restaurants étoilés.

Pourtant, ce roman a su me passionner pour la grande cuisine et ce qu’il se se passe dans ses coulisses.

On y suit donc Paul Renoir, Chef étoilé à qui tout réussit, mais qui se donne la mort, le jour où Netflix débarque pour filmer un documentaire sur sa vie son œuvre.

Après ce tragique événement, on va rembobiner la bande de l’enregistrement qu’avait fait Paul Renoir comme base du documentaire Netflix et revenir sur sa jeunesse et ses premières années en tant que Chef. 

J’ai trouvé le personnage de Paul Renoir très attachant. Sa façon de se raconter, de vouloir toujours le meilleur tout en gardant une touche plus traditionnelle, un homme proche de ses racines et fier de sa grand-mère qui lui a donné le goût de la cuisine et du travail bien fait.

Un homme exigeant avec ses équipes mais également avec lui-même, s’imposant un rythme de forçat. 

J’ai aimé le fait que l’auteur pointe du doigt la pression dont sont victimes les chefs des grands restaurants, pression qui souvent d’ailleurs a mené des grands noms jusqu’au suicide, car ils ne supportent pas qu’une étoile leur échappe ou tout simplement car une fois qu’on a atteint le sommet, on ne peut plus que redescendre, ce qui est impensable pour eux. Autant mourir au faîte de sa gloire.

On suit également en parallèle l’équipe de cuisine de Paul Renoir après l’annonce de son suicide. Chaque membre réagit d’une manière différente à ce deuil car chacun avait une relation bien particulière avec le « patron ». Chacun d’entre eux a été d’une certaine manière « sauvé » par Paul Renoir, c’est pourquoi ils lui doivent tous beaucoup et n’hésitent pas à se mouiller pour faire perdurer l’enseigne du restaurant et lui faire garder ses étoiles et sa renommée. 

Un roman bouleversant dont on n’a pas assez entendu parler à mon sens. 

Après avoir refermé ce livre, vous ne regarderez plus jamais le métier de cuisinier comme avant (et vous aurez faim, aussi).

Amer et doux à la fois, un chef d’œuvre à savourer.

Ma note: ♥♥♥♥♥

J’ai lu: Les gens de Bilbao naissent où ils veulent de Maria Larrea

Hello tout le monde !

Je vous retrouve aujourd’hui pour vous parler du roman Les gens de Bilbao naissent où ils veulent de l’autrice Maria Larrea. Il s’agit de son premier roman.

 ♥ = Bof bof, à éviter

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♥♥♥♥ = A lire absolument !

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les gens de Bilbao naissent où ils veulent

Nombre de pages: 224 pages

Maison d’édition: Grasset

Date de parution (dans cette édition): 17 août 2022

4ème de couverture:

Tout commence en Espagne. En juin 1943, une prostituée obèse de Bilbao donne vie à un garçon qu’elle confie aux jésuites. Plus tard, en Galice, une femme accouche d’une fille qu’elle abandonne aux sœurs d’un couvent. Les deux orphelins connaissent la misère et Franco mais se rencontrent, se marient, partent à Paris. La Galicienne devient femme de ménage, le Basque gardien du théâtre de la Michodière. Ils auront un enfant, Maria. C’est notre narratrice. A vingt-sept ans, celle-ci croyait s’être arrachée à ses origines: la loge de ses parents, la violence de Julian et les silences de Victoria. Mais un tirage de tarot va renverser son existence et l’obliger à replonger dans le passé des siens. Pour comprendre de qui elle est la fille, elle devra enquêter et revenir là oÙ tout a débuté, à Bilbao, où naissent les secrets. 

Etourdissant de style, d’énergie et de vie, ce premier roman mené tambour battant nous embarque instantanément. Avec maestria, Maria Larrea y recompose pièce par pièce le visage de sa famille et le puzzle de sa mémoire. On court et rit et pleure ensemble. Une écrivaine est née.

Mon avis:

J’ai tout de suite été attirée par ce roman de la rentrée littéraire 2022 car son titre m’a intriguée.

La plume de l’autrice est brute, incisive. Drôle aussi, souvent, malgré elle.

J’ai aimé sa façon de raconter les choses. Il est marqué « roman » sur la couverture mais je sais que ce livre est autobiographique et qu’il raconte la vie des parents de l’autrice puis sa naissance à elle et sa vie jusqu’à ses 27 ans. 

J’ai été extrêmement touchée par l’histoire de Maria Larrea, sa recherche de la vérité, son envie de savoir exactement d’où elle vient.

Je pense qu’à sa place j’aurais également remué ciel et terre pour avoir le fin mot de l’histoire, de [mon] histoire.

Ce livre raconte ses racines, on sent tout l’amour qu’elle ressent pour ses parents que la vie a malmené, le respect qu’elle a pour eux mais aussi la colère. 

Un livre qui traite également de la filiation, peut-on devenir mère (ou père) à son tour si on ignore d’où l’on vient vraiment ?

Que peut-on transmettre à nos enfants quand on ignore tout de nos origines?

Une histoire belle et émouvante retranscrite par une plume juste et qui touche droit au cœur, ce roman est une perle de la rentrée littéraire!

Ma note: ♥♥♥♥(♥)


J’ai lu: Bye Bye Blondie de Virginie Despentes

Hello tout le monde !

Je vous retrouve aujourd’hui pour vous parler du roman Bye Bye Blondie de l’autrice Virginie Despentes qui trainait depuis bien trop longtemps dans ma pile à lire 😉 

 ♥ = Bof bof, à éviter

♥♥ = Sympa, sans plus

♥♥♥ = Pas mal du tout , j’ai passé un bon moment !

♥♥♥♥ = A lire absolument !

♥♥♥♥♥ = Attention, gros coup de cœur !

Les (♥) représentent les demis 

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bye bye blondie

Nombre de pages:  342 pages

Maison d’édition: Grasset

Date de parution (dans cette édition): 18 août 2004

4ème de couverture:

« Une fille qu’on rencontre en HP n’est pas une fille qui rend heureux. Il voulait jouer contre le reste du monde, avoir raison contre toutes les évidences,
il pensait que c’était ça l’amour. Il voulait prendre ce risque, avec elle, et qu’ils arrivent sur l’autre rive, sains et saufs. Mais ils réussissent juste à s’entraîner au fond. Il est temps de renoncer… »
Gloria a été internée en hôpital psychiatrique. Contre toute attente, la punkette « prolo » y a rencontré Éric, un fils de bourgeois aussi infréquentable qu’elle ; ils se sont aimés comme on s’aime à seize ans. Puis la vie, autant que les contraintes sociales, les a séparés. Vingt ans après, à nouveau, leurs chemins se croisent.
Portrait d’une femme blessée aux prises avec ses démons, traversée des années punk, chronique d’un amour naufragé, Bye Bye Blondie est sans doute le livre le plus émouvant de Virginie Despentes.

Mon avis:

J’ai été de suite embarquée dans cette histoire, moi qui craignait un peu la plume de cette autrice dont j’avais beaucoup entendu parler mais sans jamais oser me lancer. 

Et bien j’ai été très agréablement surprise par cette histoire où l’on suit Gloria, jeune femme perdue, extrême dans toutes ses réactions, alcoolique et psychotique, qui retrouve des années après son premier amour Eric, qui entretemps, a fait fortune en devenant une star de la télévision. 

J’ai été touchée par la détresse de Gloria. On sent qu’elle a envie d’y croire encore malgré tout. De croire au prince charmant. De se sentir spéciale pour quelqu’un. Que quelqu’un croie en elle et ne la voit pas juste comme une looseuse alcolo qui n’a rien su faire de sa vie. 

C’est une jeune femme à fleur de peau, qui a tendance à laisser sa colère dicter toute sa vie. Il s’agit pourtant d’une personne intelligente mais qui se retrouve malgré elle victime d’un cercle vicieux d’autodestruction. Quand elle retrouve sa lucidité elle se dégoûte et recommence à boire… et à agir de manière impulsive et inconsidérée. C’est plus fort qu’elle.

Eric, de son côté, est une homme qui a réussi sa vie même si finalement la célébrité l’a laissé plutôt esseulé. Il n’a pas vraiment d’amis et sait que la plupart de ses connaissances ne seraient plus là s’il ne devait plus être célèbre. Il est plutôt secret. Retrouver Gloria des années après leur séparation est comme un bol d’air frais pour lui, même si Gloria n’est pas facile à vivre. Il veut prendre soin d’elle et qu’elle sorte de sa spirale infernale de violences en tous genres. 

J’ai aimé les personnages de ce roman que j’ai trouvés très attachants, leur rugosité les rends vrais. La plume est fluide, les mots bien choisis. C’est un roman dans lequel on plonge et qu’on ne peut refermer qu’après l’avoir terminé. Un hymne au passage à l’âge adulte et aux choix de vie que l’on peut faire durant ses années déterminantes…. ce roman nous apprend qu’il n’est – en principe – jamais trop tard pour changer son destin.

Une histoire triste et touchante qui m’a donné envie de lire d’autres livres de cette autrice!

Ma note: ♥♥♥♥


J’ai lu: Le dernier secret de Solenn de Royer

Hello tout le monde !

Je vous retrouve aujourd’hui pour vous parler du récit le dernier secret de l’autrice Solenn de Royer. 

 ♥ = Bof bof, à éviter

♥♥ = Sympa, sans plus

♥♥♥ = Pas mal du tout , j’ai passé un bon moment !

♥♥♥♥ = A lire absolument !

♥♥♥♥♥ = Attention, gros coup de cœur !

Les (♥) représentent les demis 

L’image provient de mon instagram.

le dernier secret

Nombre de pages:  416 pages

Maison d’édition: Grasset

Date de parution (dans cette édition): 6 octobre 2021

4ème de couverture:

En 1988, Claire rencontre François Mitterrand.
Elle est étudiante en droit, il est président de la République.
Cinquante ans de vie les séparent.
Ils s’aimeront à huis-clos, jusqu’à la fin, en 1996.
Voici révélé le dernier secret du grand président.
A la fois récit amoureux et histoire d’un règne, ce livre exceptionnel mêle portraits, dialogues, souvenirs, déjeuners à l’Elysée, soirées, lectures, promenades sur les quais de la Seine, carnets, temps volé au temps.
Dans une langue magnifique et pure, au plus proche de ces deux êtres, comme un grand tableau au Louvre où se dessinent amour et mort, Solenn de Royer nous offre des pages intimes et politiques, qu’à votre tour vous n’oublierez jamais.

Mon avis:

Je ne sais pas pourquoi mais j’ai toujours été assez fascinée par les anciens présidents, ceux qui étaient en place quand j’étais petite. 

Dans ce récit, on suit donc Claire (prénom fictif), étudiante en droit et qui est pour le moins obsédée par le président de la République François Mitterrand. C’est une jeune femme à peine sortie de l’adolescence – bien que majeure – et lui est un homme déjà vieux. Elle fait tout pour le croiser et qu’il s’intéresse à elle. Elle s’impose peu à peu dans sa vie (pour son plus grand plaisir car comment ne pas être flatté de l’intérêt que peut nous porter une jeune femme de 20 ans quand on en a 50 de plus?). 

Ils ont des conversations interminables sur pleins de sujet. Une complicité intergénérationnelle pour le moins exceptionnelle. J’ai trouvé assez fou la facilité avec laquelle le président peut prendre du temps dans son emploi du temps chargé pour ses diverses maîtresses, il arrive toujours à se rendre disponible, au téléphone notamment, il prend tous les jours le temps de téléphoner à Claire. 

« Dire je t’aime, c’est une promesse. Je ne peux pas t’en faire. »

Le dernier secret, de Solenn de Royer, page 149

J’ai trouvé très belle la retranscription de leurs échanges. On sent leur attachement mutuel. Un amour plutôt sage charnellement mais très passionnelle à l’écrit et à l’oral. Claire a toujours besoin d’être rassurée, elle cherche un peu la figure du père qui va veiller sur elle et la cajoler. Elle rêve de grandes déclarations d’amour alors qu’il la couvre tous les jours –  en prenant du temps pour elle – de preuves d’amour. 

J’ai trouvé Claire plutôt autocentrée et un peu égoïste. Jamais elle n’a une pensée pour la femme de François Mitterrand. De plus, elle est jalouse de son autre maîtresse, Anne Pingeot, l’amour de sa vie. 

Je pense qu’elle est subjuguée par le pouvoir que représente le président et se sent valorisée d’être aimée par un homme de sa trempe. François Mitterrand, quant à lui, est également rassuré dans son rôle de mâle dominant en ayant plusieurs femmes bien plus jeunes que lui qui se pâment d’amour pour lui. J’ai aimé les scènes qu’ils passent ensemble chez elle, incognito, dans la plus grande simplicité, lui qui est habitué aux grands restaurants et à ce qu’on lui déroule le tapis rouge. Je pense que ça le changeait et lui faisait du bien, Claire le reposait dans un sens, même si son énergie le fatiguait également énormément. Elle le coupait de son rôle de président.

Ce livre se lit très rapidement et l’écriture est agréable.  Je n’ai cependant pas pu m’empêcher d’être un peu choquée par l’écart d’âge. Evidemment, il n’y a pas d’âge pour s’aimer mais quand même, comment tomber amoureuse d’un homme de cet âge quand on la petite vingtaine ? Comment peut-on se projeter dans une histoire d’amour dont on sait la durée limitée et sans vrai avenir commun possible ? Tout cet aspect-là est très romanesque finalement. Claire est totalement fascinée et subjuguée par François Mitterrand. Elle mendie presque son attention.

Une belle histoire d’amour, bien que triste, qui m’a fait envie de lire « Lettres à Anne » de François Mitterrand (même si je ne me suis pas encore lancée!) car ce président amateur de bonne littérature et à la culture immense m’a donné envie d’en savoir plus sur lui 🙂

 

Ma note: ♥♥♥♥


J’ai lu: Les jours heureux d’Adélaïde de Clermont-Tonnerre

Hello tout le monde !

Je vous retrouve aujourd’hui pour vous parler du roman Les jours heureux de l’autrice Adélaïde de Clermont-Tonnerre, dont j’avais beaucoup aimé « le dernier des nôtres » il y a quelques années.

 ♥ = Bof bof, à éviter 

♥♥ = Sympa, sans plus

♥♥♥ = Pas mal du tout , j’ai passé un bon moment !

♥♥♥♥ = A lire absolument !

♥♥♥♥♥ = Attention, gros coup de cœur !

Les (♥) représentent les demis 

L’image provient de mon instagram.

les jours heureux

Nombre de pages: 448 pages

Maison d’édition: Grasset

Date de parution (dans cette édition): 5 mai 2021

4ème de couverture:

«  Edouard Vian et Laure Brankovic ont formé puis déformé pendant trente ans le couple le plus terrible et le plus célèbre du cinéma européen. Ils se sont mariés trois mois avant ma naissance. Ils ont divorcé quand j’avais un an. Se sont remariés quand j’en avais cinq et se sont à nouveau séparés pour mes quinze ans. Ils ont signé leur dernier divorce la veille de mes vingt-cinq ans. Entre temps ils ont fait une trentaine de film ensemble et un seul enfant  : moi. A eux deux ils ont créé une sorte de légende, lui à la réalisation, elle au scénario. Moi… c’est une autre histoire.  »
 
Ainsi commence une ronde, où des héros fantasques et attachants jouent, se cachent, s’aiment, des marches du festival de Cannes aux studios hollywoodiens, de Paris à New York et de la Grèce au Mexique, avant d’être percutés par les secousses de la grande histoire…
 
A leur côté, dans les rues de la capitale, sur un plateau de tournage au sommet des Alpes, des amis, des amants, des femmes venues du passé. Mais aussi une maladie qui chemine, et bien des énigmes. Tout mot est réplique. Tout personnage porte un masque. Et chacun aime la vie, imparfaite mais follement vécue. 
 
Un talent romanesque tendre et magnifique.

Mon avis:

Dans ce roman, on suit Oscar, jeune homme (entre 25 et 30 ans il me semble) un peu pris en sandwich et en otage par ses parents, couple emblématique du cinéma français. Comment se faire sa place quand on a des parents si hors du commun ? C’est l’un des thèmes du roman, mais pas que (ça serait trop simple).

Ce roman interroge notre rapport à nos parents, doit-on être au courant de tout, participer à tout en temps qu’enfant?

Oscar est très attaché à ses deux parents, qu’il trouve remarquables. Il les envie un peu aussi et leur en veut aussi parfois de l’obliger à vivre dans leur ombre (même s’ils ne s’en rendent même pas compte). Il espère lui aussi vivre une telle romance.

J’ai adoré tous les personnages de ce roman, auxquels je me suis très vite attachée. Les dialogues sont savoureux et l’autrice sait vraiment faire prendre vie à ses protagonistes. C’est un roman qui pourrait être très facilement adapté au cinéma tant il est riche visuellement. 

Au tout début du roman, la mère d’Oscar lui confie qu’elle est atteinte d’une maladie incurable et qu’il doit garder ce secret pour lui, n’en parler à son père sous aucun prétexte. Le jeune homme est détruit par cette nouvelle et désespéré de ne pouvoir en parler à personne, de ne pas pouvoir partager sa peine. Mais il respecte la décision de sa mère car il sait qu’elle est trop fière pour se montrer affaiblie, elle qui a toujours mené sa vie et sa carrière d’une poigne de fer. 

Même si ses parents continuent de se quitter et de se remettre ensemble, même s’ils ont des amants entre deux, ils se vouent un amour inconditionnel et ne peuvent vivre longtemps l’un sans l’autre, tant l’avis de l’autre est essentiel. 

J’ai aimé suivre Laure et Edouard (les parents d’Oscar), même si le roman tourne bien évidemment autour d’Oscar. 

Oscar est une jeune homme intelligent, sensible, qui se pose beaucoup de questions sur la vie et l’amour. Il est très respectueux avec les femmes. 

Les chapitres sont courts ce qui fait qu’on les enchaîne sans voir le temps passer 🙂 

Bref, un gros coup de coeur pour ma part pour cette tranche de vie pas conventionnelle de ces personnages que j’ai quitté à regret. Un roman drôle et poignant à la fois, une réflexion sur notre relation avec nos parents. Terriblement bien écrit et incroyablement bon. Ne laissez pas passer cette pépite!

Ma note: ♥♥♥♥♥