[SP] J’ai lu: Seule la haine de David Ruiz Martin

Hello à tous !

Je vous retrouve aujourd’hui pour vous parler du dernier roman de l’auteur neuchâtelois David Ruiz Martin, Seule la haine, réédité le mois passé aux éditions TAURNADA. (je vous avais déjà posté mon avis sur ce roman lors de sa première sortie chez une autre maison d’édition l’année passée)

J’avais adoré « je suis un des leurs » et son recueil de nouvelles « la face cachée de l’arc-en-ciel« (cliquez sur les titres pour lire ma chronique). J’avais donc très hâte de découvrir David dans un autre registre, le thriller, même s’il n’en est pas à son coup d’essai, vu qu’il avait déjà écrit « le syndrome du morveux » ainsi que « que les murs nous gardent » qu’il avait autopubliés (je les ai achetés mais ils sont encore dans ma pile à lire malheureusement, je vais essayer de les en sortir dans les prochains mois, promis!).

seule la haine

Nombre de pages: 252 pages

Editeur: TAURNADA

Date de parution (dans cette édition): juin 2021

Résumé:

Elliot, jeune homme de 15 ans, hypersensible et surdoué, dévasté par le suicide de son grand frère, séquestre le psychiatre de celui-ci dans son propre cabinet qu’il pense responsable de n’avoir pas su sauver son frère.  Le menaçant d’un pistolet chargé, il va lui raconter – au fil d’un après-midi puis d’une nuit qui semblent sans fin – ce qui a mené son frère au suicide et pourquoi il pense que le psychiatre, Larry Barney, doit payer.

Mon avis :

Vous n’aurez pas le temps de vous mettre gentiment dans le bain de l’histoire, vous serez violemment plongés dedans de force pour n’en ressortir qu’après 240 pages, essorés et exténués. Un huis-clos haletant, des chapitres courts, nerveux, une sorte de course contre la montre pour connaître la vérité sur le suicide de Simon, le frère d’Elliot. Larry Barney, le psychiatre, est pris en otage par ce gamin surdoué qui lui retourne le cerveau en quelques heures et le mène au point de rupture. J’ai trouvé ce roman fascinant car il montre comment nous pouvons manipuler les autres et qu’il faut se méfier de ce que l’ont voit sur les réseaux sociaux, les médias ou internet tout simplement.

Larry veut aider Elliot mais le jeune homme ne semble pas vouloir être aidé, il veut juste répandre son venin afin de plonger Larry toujours plus loin dans la folie et qu’il sombre dans une abîme sans espoir d’en ressortir.

Il est difficile de trop vous en dire sans vous dévoiler le dénouement et j’aurais trop peur de vous gâcher votre plaisir.

Sachez juste que ce roman va vous prendre à la gorge pour ne plus vous lâcher avant la dernière page. Vous allez tourner les pages à une vitesse folle, angoissés par la suite de cette histoire dramatique. Vous allez vous indigner avec Larry et trembler avec lui pour ses proches. Ce roman m’a prise aux tripes et fait ressentir un sentiment de mal-être comme celui qu’à dû ressentir Larry lors de sa séquestration. Une spirale folle dont on ne ressort pas indemne.

Tout le long du roman j’étais plutôt du côté du psychiatre mais sur la fin je n’en étais plus si sûre. Qui sont vraiment les méchants, après tout ? Ce roman va vous faire perdre vos repères…

Bref, vous l’aurez compris (du moins je l’espère!), j’ai adoré ce nouveau roman qui nous tient en haleine de bout en bout.

Je peux dire haut et fort que David Ruiz Martin mérite largement sa place dans cette grande famille qu’est le polar suisse et j’espère qu’il nous enchantera encore longtemps avec ses écrits.

Un auteur super talentueux dans tous les styles de romans que je vous invite à découvrir de toute urgence!

Ma note : ♥♥♥♥♥

Encore un grand merci à David Ruiz Martin pour sa confiance

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[SP]J’ai lu: Heresix de Nicolas Feuz

Hello tout le monde !

Je vous retrouve aujourd’hui pour vous parler du roman Heresix de Nicolas Feuz que j’ai eu la chance de recevoir de la part des éditions Slatkine & Cie.

 ♥ = Bof bof, à éviter

♥♥ = Sympa, sans plus

♥♥♥ = Pas mal du tout , j’ai passé un bon moment !

♥♥♥♥ = A lire absolument !

♥♥♥♥♥ = Attention, gros coup de cœur !

Les (♥) représentent les demis 

L’image provient de mon Instagram.

heresix

Nombre de pages: 284 pages

Maison d’édition: Slatkine & Cie

Date de parution (dans cette édition): 20 mai 2021

4ème de couverture:

La nef de l’église de Saint-Thibéry n’a jamais été aussi pleine. Les policiers de l’Hérault enterrent l’une des leurs. La cérémonie est interrompue par une étrange procession. À la file indienne, six hommes énucléés cheminent avec un mot gravé sur le torse en lettres de sang : HERESIX…
Au Cap-d’Agde, la petite Maeva Tolzan disparaît…
Dans un train fantôme filant dans la nuit entre Béziers et Narbonne, Alexia fête ses 18 ans en compagnie du garçon qu’elle aime, mais les choses ne vont pas se passer comme elle le rêvait…
Sur fond de vengeance noire et de crime mafieux, les personnages du procureur Feuz s’épanouissent au soleil du Midi. Ils y trouvent une épaisseur nouvelle, une impunité différente.
Nicolas Feuz joue avec eux, se promène dans le temps – des cathares à nos jours –, enchaîne les retournements, perd le lecteur dans des culs-de-sac et livre, sur fond de brutalité sourde, un plaidoyer magistral contre les violences faites aux femmes.

Mon avis:

Le roman commence fort, avec une scène d’horreur, 6 hommes les yeux crevés qui entrent dans une église où la messe d’enterrement d’une gendarme a lieu. 

Il est vrai que Nicolas Feuz nous a habitué à des scènes assez sanglantes au fil de ses (maintenant) nombreux romans donc cela ne m’a pas trop choquée mais gardez à l’esprit si vous n’avez pas encore lu un livre du procureur Feuz (honte à vous d’ailleurs :P) que certaines scènes sont susceptibles d’heurter votre sensibilité. 

Cette fois-ci, il ne s’agit pas d’un roman mettant en scène l’un de ses personnages récurrents mais d’un roman à part, et d’ailleurs qui ne se passe pas du tout en Suisse, contrairement à la plupart de ses romans dont les intrigues se passent du moins en partie dans notre chère Helvétie. Cette fois-ci, le roman se passe en France et plus particulièrement au Cap d’Agde et Béziers. 

Des hommes sont enlevés et un cadavre est retrouvé, catapulté à la manière des Cathares. En même temps, une petite fille de 3 ans disparaît et les forces de l’ordre de différents services vont devoir travailler main dans la main; Dominique Roustan, un policier, ainsi que deux gendarmes, Amélie Gasquet et Solange Darieussecq, qui ne voient pas d’un très bon oeil ce flic qui vient empiéter sur leur territoire.  J’ai bien aimé ce duo d’enquêtrice peu habituée à de telles violences. Elles sont complètement différentes mais à la fois complémentaires. 

Le style est fluide, nerveux. Les chapitres sont très courts et nous font passer d’un personnage à un autre et d’une époque à une autre dans un tourbillon étourdissant. Quand on pense avoir compris le truc, l’auteur fait un petit pas chassé et nous en remet une couche dans la complexité de son intrigue. 

D’ailleurs, le fait de passer d’une époque à l’autre est récurrent dans les romans de Nicolas Feuz car il jouait déjà avec l’histoire dans « les bouches » ou encore dans « l’ombre du renard » (entre autres). 

J’ai pour ma part beaucoup aimé les passages décrivant des faits se passant à l’époque des Cathares. Comme toujours, on ne comprend pas toujours tout de suite où l’auteur veut en venir mais pas de panique, toutes les pièces se mettent très rapidement en place. 

Comme à son habitude, l’auteur ne ménage pas ses personnages et leur fait passer vraiment des sales (voire mortels) moments.

Ce roman aborde des thèmes graves comme le consentement et le viol…Un roman qui redonne le pouvoir aux femmes à qui on a fait du mal d’une manière ou d’une autre. (même si ce roman n’épargne personne)Je trouve bien que les thrillers d’aujourd’hui osent se positionner un peu par rapport aux événements dont on parle tous les jours dans les journaux. Cela donne un supplément d’âme au roman.

J’ai dévoré ce roman en 2 jours, j’aurais adoré qu’il soit plus long… mais le fait qu’il soit relativement court contribue aussi à ce sentiment d’urgence qui nous mène à un final qui m’a laissée sans voix. Même si j’ai vraiment apprécié tous les romans de l’auteur (je dois encore lire « Rentrez chez vous » et « le calendrier de l’après »), je pense que celui-ci est le plus abouti que j’ai lu jusqu’à présent.

Percutant et machiavélique, vivement le prochain!

Ma note: ♥♥♥♥♥


Un grand merci aux éditions Slatkine & Cie pour l’envoi de ce SP!

[SP] J’ai lu: Les protégés de Sainte Kinga de Marc Voltenauer

Hello tout le monde !

J’ai eu la chance de recevoir le 4ème roman de Marc Voltenauer, Les protégés de Sainte Kinga, paru aux éditions Slatkine & Cie.

Comme vous le savez si vous me suivez depuis un moment, j’ai adoré tous les romans de l’auteur, en particulier l’avant dernier, l’aigle de sang, qui m’avait vraiment époustouflée de par son intrigue fouillée.

La barre était donc mise très haute!

Nombre de pages: 537 pages

Maison d’édition: Slatkine & Cie

Date de parution (dans cette édition):1er octobre 2020

Résumé:

En 1826, on suit le jeune Aaron Salzberg qui quitte sa Pologne natale pour travailler dans les mines de sel de Bex. Talentueux, il va très vite susciter la jalousie de certaines personnes haut placées…

De nos jours; une prise d’otages est en cours dans les mines de sel de Bex et c’est Andreas Auer (entre autres) qui est appelé à démêler cette affaire complexe. Parmi les otages figurent une classe d’adolescents ainsi que les adhérents d’un mouvement d’extrême droite raciste et homophobe.

Mon avis:

Je ne vais pas y aller par quatre chemins, j’ai adoré ce nouveau roman de Marc Voltenauer.

Tous les ingrédients sont là pour faire un bon polar : des personnages auxquels on s’attache (même les « méchants »), une intrigue bien ficelée et cohérente, un fond historique plus vrai que nature…

Cette fois-ci, l’intrigue ne tourne pas autour d’Andreas ni même de Gryon (même si nous y faisons des passages express 😉 ) car les mines de sel de Bex en sont le personnage principal. J’ai trouvé passionnant d’en apprendre plus sur le sujet et je dois avouer que cela m’a donné envie de retourner les visiter ! (j’y avais été quand j’étais enfant mais je n’en garde franchement aucun souvenir à part ce qu’on m’en a raconté)

En outre, j’ai beaucoup apprécié les passages se passant en 1826 où l’on suit le jeune Aaron Salzberg. Imaginer les mines à cette époque était super intéressant et j’ai trouvé vraiment chouette le passage avec Alexandre Dumas; je ne savais pas du tout que ce dernier était passé par la Suisse et surtout pas qu’il avait écrit un livre sur ses pérégrinations!

De plus, l’auteur fait la part belle aux collègues d’Andreas, Bakary (j’ai adoré ce négociateur si humain et sensible), Karine, Christophe et les deux nouvelles recrues Kinga et Mélaine.

Cette fois-ci, le compagnon d’Andreas, Mikaël, est presque absent de l’histoire, à part quelques petites interventions (il fait quelques recherches dans des archives). Il ne prend cette fois-ci pas pleinement part à l’enquête, très certainement car Andreas ne veut plus qu’il s’immisce dans des investigations qui pourraient se révéler dangereuses. J’espère néanmoins que le duo Mikaël-Andreas reviendra en force dans le prochain roman de l’auteur 🙂

On en apprend également un peu plus sur Adam, le neveu d’Andreas que j’ai trouvé très courageux et sensé durant la prise d’otages. Il fait confiance à son oncle Andreas et est sûr que celui-ci va réussir à le sortir de là, il ne perd jamais espoir et ne panique pas. Il représente bien les jeunes d’aujourd’hui que je trouve beaucoup plus ouverts au dialogue et dans l’ensemble plus tolérants. Il ferait un bon policier lui aussi 😉

Ce roman aborde des thèmes importants tels que le racisme et l’homophobie, des fléaux qui devraient avoir disparu de notre société depuis belle lurette. Marc Voltenauer ne se pose jamais en donneur de leçons mais nous fait réfléchir sur les persécutions que subissent certaines minorités. En effet, en voulant se débarrasser par la violence de monstres, n’en devient-on pas un nous aussi ? C’est la question que je me suis posée en fermant ce livre. Ce roman fait écho à l’actualité où toute revendication est toujours (ou du moins très souvent) liée à des actes de violence. Il est temps pour les êtres humains d’apprendre à fonctionner différemment…

J’ai donc trouvé ce roman incroyable tant par le fond que la forme, Marc Voltenauer bouscule les codes du genre et nous livre peut-être là son roman le plus personnel à ce jour.  Bref, ce roman m’a touchée et m’a passionnée, c’est un énorme coup de cœur!

A lire d’urgence!

Ma note: ♥♥♥♥♥

Un grand merci aux Editions Slatkine & Cie pour l’envoi de ce SP!

[SP] J’ai lu: Les roses sauvages de Marie Javet

Hello tout le monde!

Je vous retrouve aujourd’hui pour vous parler du tout dernier roman de l’auteure Marie Javet, Les Roses sauvages, paru aux éditions Plaisir de Lire. Cette année est prolifique pour l’auteure car il s’agit de son second roman édité cette année (après « Toute la mer dans un coquillage dont je vous ai parlé juste ici) et j’ai entendu dire qu’un petit troisième sera édité par les éditions Auzou dans la collection Frissons suisses à la fin de l’année. Cet éclectisme n’est pas pour me déplaire, je dois l’avouer, tant j’aime la façon d’écrire de Marie Javet !

Nombre de pages: 301 pages

Editeur: Plaisir de lire, collection Frisson

Date de parution: le 21 août 2020

Résumé:

Sarah, jeune suissesse de 18 ans, part une année à Londres pour parfaire son anglais. Là-bas, elle va vite tomber sous le charme d’un dénommé Ian, qui lui promet monts et merveilles. Mais le vernis parfait se craquelle très rapidement… Des années plus tard, on suit John, la trentaine bien entamée, professeur à l’université de Lausanne et hanté par de vieux démons. Sa rencontre avec une certaine Elisa Day va changer son quotidien et son avenir…

Mon avis:

Vous le savez, j’avais adoré l’avant-dernier roman de Marie Javet, « toute la mer dans un coquillage », paru en juin de cette année. J’avais donc très hâte de retrouver la plume de l’auteure, d’autant plus que je trouve que celle-ci s’est vraiment affirmée avec le temps et l’expérience.

Comme dans tous ses romans, Marie Javet a le chic pour nous mettre dans la peau de ses personnages, même les plus sombres d’entre eux. Je dois avouer que l’expérience a été cette fois-ci pour le moins déstabilisante. En effet, si la première partie du roman est consacrée à Sarah – jeune femme lumineuse et idéaliste – et sa relation plus que toxique avec le ténébreux Ian, la seconde partie nous plonge dans la jeunesse et le présent tourmentés de John, professeur à l’université de Lausanne. On est comme pris en otage par l’auteure car nous n’avons pas forcément envie d’être dans la tête d’une personne déséquilibrée mais en même temps on a envie de comprendre les mécanismes de son esprit malade.

Dans la partie narrée par Sarah, j’ai aimé l’alternance entre les passages écrits dans son journal qui évoquent son mal-être grandissant et ses désillusions par rapport à Ian et les chapitres et les chapitres plus factuels. Sarah se rend compte que Ian toxique pour elle et veut s’en défaire mais elle n’arrive pas à s’arracher à son emprise. On a envie de lui dire d’ouvrir les yeux et de réagir pendant qu’il en est encore temps mais nous ne sommes que des spectateurs impuissants de ce drame couru d’avance. C’est assez rageant car on s’attache très vite à Sarah et on a envie qu’elle s’en sorte.

Je trouve très intéressant que Marie Javet ait abordé les thèmes des relations toxiques et des pervers narcissiques (bon là en plus il n’est pas que violent verbalement, il l’est également physiquement), de nombreuses personnes vivent avec ce genre de personne qui les réduisent peu à peu à néant et je trouve important de montrer jusqu’où cela peut mener. Sarah n’écoute pas les gens qui essaient de la mettre en garde, elle pense qu’ils sont jaloux de son bonheur et de sa merveilleuse histoire d’amour. Cependant, elle déchante vite quand elle se rend compte que le comportement d’Ian n’est plus aussi charmant qu’au tout début de leur relation et qu’il l’humilie et la rabaisse sans arrêt.

Comme d’habitude dans les thrillers, difficile de trop vous en dire sous peine de dévoiler des éléments importants de l’histoire qui pourraient vous mettre sur la piste du dénouement.

Sachez juste que si je m’étais plus ou moins doutée de qui est la mystérieuse Elisa Day qui rend fou John, j’étais loin d’imaginer la fin du roman et je dois dire que ce twist final m’a beaucoup plu.

Ce roman m’a transportée, je l’ai dévoré et adoré de bout en bout, un grand bravo à Marie Javet qui arrive à nous surprendre de livre en livre!

Vivement le prochain!

Ma note: ♥♥♥♥♥

Un grand merci aux Editions Plaisir de Lire pour l’envoi de ce SP!

[SP] J’ai lu: L’engrenage du mal de Nicolas Feuz

Hello tout le monde !

On se retrouve aujourd’hui pour parler du dernier roman de Nicolas Feuz, L’Engrenage du Mal, paru aux Editions Slatkine & Cie! Ce roman est le troisième tome d’une série initiée par Le miroir des âmes (2018) et L’ombre du renard (2019).  Alors, qu’ai-je pensé de ce troisième opus mettant à nouveau en scène le procureur Norbert Jemsen et sa greffière Flavie Keller, sans oublier l’enquêtrice Tanja Stojkaj ?

Nombre de pages: 300 pages

Edition: Slatkine & Cie

Parution: 15 mai 2020

Résumé:

Alors qu’elle rentre de Corse où la dernière enquête l’avait menée (cf. l’ombre du renard), Tanja Stojkaj apprend que sa mère a été retrouvée morte et que son fils de 2 ans a disparu. Suite à cela, elle perd les pédales et mène sa propre enquête, au mépris de la loi. Le procureur Norbert Jemsen pourra-t-il la sortir de ce mauvais pas ?

Mon avis:

Cette fois-ci l’histoire se passe exclusivement en Suisse, entre les cantons de Vaud et de Neuchâtel. Le personnage mis en avant est clairement Tanja, j’ai trouvé que Norbert Jemsen était un peu mis sur le banc de touche durant ce roman ce qui m’a un peu déroutée car j’aime beaucoup ce personnage. Cette fois-ci il passe franchement la main à Tanja et lui laisse la vedette.

On (re)découvre en Tanja un personnage torturé, une personnalité complexe, une femme qui a beaucoup souffert et est prête à tout pour sa famille. La disparition de son petit garçon la rend folle et lui fait faire des choix plus que douteux (violence, entrave à une enquête en cours, etc.). Parallèlement, j’ai aimé en savoir plus sur son passé, sa jeunesse etc. Dans le miroir des âmes nous l’avions rencontrée déguisée en prostituée infiltrée dans un lupanar tenu par le fameux Berti Balla, le proxénète et dealer (et accessoirement meurtrier) récurrent de cette trilogie. C’est une femme qui n’a pas froid aux yeux et qui n’hésite pas à se mettre en danger quand elle sent que cela en vaut la peine.

Le second personnage mis en avant est Flavie Keller, enfermée dans un mariage qui n’en a plus que le nom depuis la mort de sa petite fille, renversée par une voiture quelques années auparavant. Elle se sent impuissante face à la douleur de Tanja avec laquelle elle a tissé des liens intimes dans les précédents romans. J’ai aimé le fait que les femmes soient mises à l’honneur dans ce roman!

On retrouve également Daniel Garcia, le commissaire qu’on avait déjà beaucoup vu dans la série précédente de l’auteur mettant en scène Michaël Donner. C’est un personnage que j’apprécie énormément car il est droit dans ses bottes mais il n’hésite pas à mettre sa carrière en danger pour aider les personnes qu’il apprécie s’il pense que cela est nécessaire et/ou juste.

Une partie de l’intrigue se passe dans les moulins souterrains du Col-des-Roches, dans une scène qui m’a fait un peu penser au roman Vertige de Franck Thilliez et qui pourrait rendre claustrophobe le plus courageux d’entre nous.

Comme toujours dans les romans de Nicolas Feuz, le rythme est haletant, les chapitres (trop?) courts et nerveux, ses personnages ne sont jamais épargnés, bien au contraire. J’ai également bien aimé les clins d’œil faits à ses amis (Valérie du blog sangpages, l’écrivain Marc Voltenauer… ) et le fait de reconnaître les lieux visités.

Nicolas Feuz est passé maître pour nous mener sur de fausses pistes et semer le doute dans nos esprits.

Bref, difficile de trop vous en parler sans révéler des éléments déterminants de l’histoire et j’avoue que ça serait dommage de vous gâcher la surprise.

Un bon cru 2020 pour le procureur neuchâtelois mais je dois avouer que ce n’est pas mon préféré de la trilogie (j’avais vraiment adoré l’ombre du renard) car même si je n’avais pas prévu cette fin-là, je pressentais une fin plus ou moins similaire, l’auteur nous ayant habitués à des retournements de situations de dernière minute 😉 J’aurais également souhaité que le roman soit un peu plus long, je l’ai trouvé très court par rapport aux autres mais ce n’était peut-être qu’une impression.

Je parle de trilogie mais en réalité je ne sais pas si nos 3 héros reviendront dans une nouvelle aventure ou si l’auteur a décidé de les mettre à la retraite…

Un page-turner très efficace, parfait pour les vacances (ça donne même des idées de lieux à découvrir en Suisse vu qu’on ne peut pas trop voyager… ) 😉

Ma note: ♥♥♥♥

 

Un grand merci aux éditions Slatkine & Cie pour l’envoi de ce SP!

[SP] J’ai lu: Seule la haine de David Ruiz Martin

Hello à tous !

Je vous retrouve aujourd’hui pour vous parler du dernier roman de l’auteur neuchâtelois David Ruiz Martin, Seule la haine, paru mi février aux éditions Nouvelle Bibliothèque.

J’avais adoré « je suis un des leurs » et son recueil de nouvelles « la face cachée de l’arc-en-ciel« (cliquez sur les titres pour lire ma chronique). J’avais donc très hâte de découvrir David dans un autre registre, le thriller, même s’il n’en est pas à son coup d’essai, vu qu’il avait déjà écrit « le syndrome du morveux » ainsi que « que les murs nous gardent » qu’il avait autopubliés (je les ai achetés mais ils sont encore dans ma pile à lire malheureusement, je vais essayer de les en sortir dans les prochains mois, promis!).

Nombre de pages: 240 pages

Editeur: Editions Nouvelle Bibliothèque 

Date de parution (dans cette édition): 10 février 2020

Résumé:

Elliot, jeune homme de 15 ans, hypersensible et surdoué, dévasté par le suicide de son grand frère, séquestre le psychiatre de celui-ci dans son propre cabinet qu’il pense responsable de n’avoir pas su sauver son frère.  Le menaçant d’un pistolet chargé, il va lui raconter – au fil d’un après-midi puis d’une nuit qui semblent sans fin – ce qui a mené son frère au suicide et pourquoi il pense que le psychiatre, Larry Barney, doit payer.

Mon avis :

Vous n’aurez pas le temps de vous mettre gentiment dans le bain de l’histoire, vous serez violemment plongés dedans de force pour n’en ressortir qu’après 240 pages, essorés et exténués. Un huis-clos haletant, des chapitres courts, nerveux, une sorte de course contre la montre pour connaître la vérité sur le suicide de Simon, le frère d’Elliot. Larry Barney, le psychiatre, est pris en otage par ce gamin surdoué qui lui retourne le cerveau en quelques heures et le mène au point de rupture. J’ai trouvé ce roman fascinant car il montre comment nous pouvons manipuler les autres et qu’il faut se méfier de ce que l’ont voit sur les réseaux sociaux, les médias ou internet tout simplement.

Larry veut aider Elliot mais le jeune homme ne semble pas vouloir être aidé, il veut juste répandre son venin afin de plonger Larry toujours plus loin dans la folie et qu’il sombre dans une abîme sans espoir d’en ressortir.

Il est difficile de trop vous en dire sans vous dévoiler le dénouement et j’aurais trop peur de vous gâcher votre plaisir.

Sachez juste que ce roman va vous prendre à la gorge pour ne plus vous lâcher avant la dernière page. Vous allez tourner les pages à une vitesse folle, angoissés par la suite de cette histoire dramatique. Vous allez vous indigner avec Larry et trembler avec lui pour ses proches. Ce roman m’a prise aux tripes et fait ressentir un sentiment de mal-être comme celui qu’à dû ressentir Larry lors de sa séquestration. Une spirale folle dont on ne ressort pas indemne.

Tout le long du roman j’étais plutôt du côté du psychiatre mais sur la fin je n’en étais plus si sûre. Qui sont vraiment les méchants, après tout ? Ce roman va vous faire perdre vos repères…

Bref, vous l’aurez compris (du moins je l’espère!), j’ai adoré ce nouveau roman qui nous tient en haleine de bout en bout.

Le procureur et écrivain Nicolas Feuz, qui a écrit la préface du roman, parle du polar suisse et bien je peux dire haut et fort que David Ruiz Martin mérite largement sa place dans cette grande famille qu’est le polar suisse et j’espère qu’il nous enchantera encore longtemps avec ses écrits.

Un auteur super talentueux dans tous les styles de romans que je vous invite à découvrir de toute urgence!

Ma note : ♥♥♥♥♥

Encore un grand merci à David Ruiz Martin pour sa confiance et pour avoir eu la gentillesse de m’envoyer son livre 🙂 

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