J’ai lu: le couple et l’argent – Pourquoi les hommes sont plus riches que les femmes de Titiou Lecoq

Hello tout le monde !

Je vous retrouve aujourd’hui pour vous parler du documentaire Le couple et l’argent – Pourquoi les hommes sont plus riches que les femmes de l’autrice Titiou Lecoq. 

 ♥ = Bof bof, à éviter

♥♥ = Sympa, sans plus

♥♥♥ = Pas mal du tout , j’ai passé un bon moment !

♥♥♥♥ = A lire absolument !

♥♥♥♥♥ = Attention, gros coup de cœur !

Les (♥) représentent les demis 

L’image provient de mon instagram.

Nombre de pages: 282 pages

Maison d’édition: L’Iconoclaste

Date de parution (dans cette édition): octobre 2022

4ème de couverture:

Les hommes sont plus riches que les femmes. Dès l’enfance, les garçons reçoivent plus d’argent de poche que les filles. Adultes,
à poste égal, les femmes sont moins bien payées que les hommes. Et le couple accentue encore les inégalités : au cours de la vie à deux, l’écart ne cesse de se creuser, sans que ni l’une ni l’autre ne s’en rende compte. Ou bien préfère l’ignorer. Chaque fois, il y a des explications et une combinaison de « bonnes raisons’ mais le tableau général est accablant. J’écris depuis des années sur les violences sexuelles, le travail domestique, l’invisibilisation des femmes.
Il était temps que je m’intéresse à ce qui est souvent plus tabou que la vie sexuelle : l’argent. « 
Avec un talent rare pour la pédagogie, Titiou Lecoq décortique les statistiques les plus récentes. Elle convoque l’historienne Michelle Perrot, des économistes, une conseillère en gestion de patrimoine, des banquières, sa mère et même des arnaqueuses. Son ton mordant fait le reste. On tourne les pages avec étonnement et parfois colère. Mais Titiou Lecoq propose aussi des solutions simples qui peuvent tout changer.

Mon avis:

J’avais lu et beaucoup apprécié l’année passée (ou l’année d’avant?) les Grandes oubliées de l’histoire que j’avais trouvé pertinent et écrit d’une manière ludique par la plume mordante de Titiou Lecoq. 

Cette fois-ci, si j’avoue que le sujet m’intéressait, c’est surtout le fait que j’ai croisé l’autrice au salon Le Livre sur les Quais à Morges, début septembre, qui m’a décidé à sauter le pas et acquérir ce nouvel essai. 

Je pense que le sujet de l’argent est dans notre monde encore plus tabou  que celui du sexe. 

On est plus enclins à parler de nos ébats (ou de leur absence) que de notre salaire.

L’argent est partout, mais on n’en parle jamais de manière frontale. Titiou Lecoq, elle, ne détourne pas les yeux. 

Elle prouve par A + B que les femmes sont désavantagées dès la plus tendre enfance. Par exemple, que souvent les garçons ont un argent de poche plus élevé. Ou encore, que les filles partent plus tôt de la maison familiale, en quête d’indépendance et de plus de liberté. Par contre, pendant ce temps, comme elles doivent payer un loyer et d’autres charges, elles ne mettent pas d’argent de côté. Les garçons, quant à eux, ont tendance à rester chez papa-maman même lorsqu’ils ont trouvé du travail, attendant de trouver une compagne pour quitter le nid familial. (ben oui faut bien que qqun fasse la lessive hein!) Et pendant ce temps, qui se fait une belle épargne ? Et oui, vous avez compris.

La dynamique du don chez les femmes est simple, on leur a assigné une mission: elles doivent s’occuper des autres. Et elles doivent le faire gratuitement. On attend d’elles une forme de sacrifice. 

Une femme qui veut protéger ses intérêts ou, pire, gagner de l’argent, est perçue comme dénaturée, puisque cela va à l’encontre de notre représentation de la féminité. Si elle ne fait plus passer les autres avant elle, elle n’est plus tout à fait une femme. 

Grosso modo, la femme féminine est forcément dépendante financièrement. 

Le couple et l’argent, de Titiou Lecoq, pages  14-15

Titiou Lecoq décortique toutes les petites choses qui, additionnées, font que les femmes sont toujours un peu perdantes. Que ce soit parce que tout ce qui est estampillé « pour femme » est plus cher ou que nous avons des besoins que les hommes n’ont pas (contraceptifs, protections périodiques,…). 

Sans parler bien entendu du moment que le couple souhaite avoir un enfant et que très souvent c’est la femme qui mets sa vie professionnelle de côté durant quelques années, creusant encore le trou de son épargne pour la retraite. 

De plus, les femmes ont tendance à dépenser leur argent dans les choses plus « futiles » mais nécessaires comme les habits et chaussures pour les enfants, les courses etc. Toutes les grosses dépenses du ménage (voiture, meubles etc) sont souvent prises en charge par les hommes (qui travaillent souvent à temps plein et qui de plus ont souvent – mais pas toujours bien sûr – un plus gros salaire), qui ont donc un avantage en cas de séparation du couple. C’est eux qui ont payé, c’est eux qui gardent. 

Bien évidemment, l’autrice fait pas mal de généralités et il faut un peu trier ses propos, mais j’ai tout de même trouvé agréable la lecture de cet essai et il m’a ouvert les yeux sur quelques uns de mes comportements vis à vis de l’argent que je vais essayer de corriger 😉 En outre, je trouve que l’autrice est une excellente conteuse, qui fait preuve d’humour et de dérision.

Un ouvrage malin et intelligent!

Ma note: ♥♥♥♥


[SP]J’ai lu: Nani de Mélanie Richoz

Hello tout le monde !

Je vous retrouve aujourd’hui pour vous parler du roman Nani de l’autrice suisse Mélanie Richoz que j’ai eu la chance de recevoir de la part des éditions Slatkine. 

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Nombre de pages:  168 pages

Maison d’édition: Slatkine

Date de parution (dans cette édition): 22 août 2023

4ème de couverture:

« Comme si chaque détail exige d’être évoqué, revécu, pour se désagréger dans la vase avec les cellules meurtries de ce corps.
Son corps.
Épuisé, souillé, appartenant plus à sa progéniture et à son mari qu’à elle-même, ce corps nourricier. Objet. Torture. Étranger.
Ce corps déjà mort. »

Mon avis:

Un roman court mais percutant sur le thème des violences conjugales.

Ce roman relate le quotidien d’une famille albanaise venue s’installer en Suisse. Nous suivons plus particulièrement Albina, la mère de famille, battue, humiliée et abusée par son mari de manière quotidienne et qui essaie coûte que coûte de garder la tête hors de l’eau, pour ses 5 enfants. Elle doit également supporter la méchanceté de ses beaux-parents, en particulier de sa belle-mère qui ne cesse de la rabrouer et de la rabaisser pour des broutilles.

Elle ne travaille pas, ses papiers sont tenus sous clé par son mari. Elle n’a rien à elle, est surveillée jour et nuit. A part ses enfants – qui eux se sont bien intégrés en Suisse – qu’elle adore et qui sont sa raison de vivre et de se lever chaque jour, elle n’a droit à aucun plaisir dans la vie et se sent très seule et isolée.

Tout de suite, on est pris d’affection pour cette femme courageuse, qui ne sait pas comment se défaire de la situation dans laquelle elle est prise au piège. Ne parlant pas le Français, elle peine à se confier à des personnes qu’elle pourrait croiser à la laverie.

Un jour pourtant, et en cachette de son mari et de ses beaux-parents, elle va trouver un emploi de femme de ménage chez une dame cultivée et qui prend à coeur de sortir Albina de cette inextricable situation. 

La plume de Mélanie Richoz est belle, juste, les phrases sont courtes mais sont toujours porteuses de beaucoup de poids, d’un sens profond. 

Comme dans Mouches, son précédent roman, qui a avait été un énorme coup de coeur, on ne peut pas ressortir indemne de cette lecture, impossible de ne pas être chamboulés par cette histoire.

Sa parole aurait-elle autant de valeur et de poids que celle d’un homme?

Nani, page 49, de Mélanie Richoz

Nani est un roman qui gagne en puissance au fil des pages et même dans ses silences.

Ce livre traite d’un sujet dont on entend pas encore assez parler et pour lequel il faudrait que beaucoup de choses soient mises en place afin de protéger les victimes de leurs bourreaux.

Un roman qui redonne une voix à celles qui n’arrivent pas à se faire entendre.

Un ouvrage essentiel et marquant, qu’on lit comme en apnée.

Ma note: ♥♥♥♥♥


Un grand merci aux éditions Slatkine l’envoi de ce SP!

J’ai lu: Le silence de Dennis Lehane

Hello tout le monde !

Je vous retrouve aujourd’hui pour vous parler du roman Le silence de l’auteur Dennis Lehane. Il est – entre autres – l’auteur des romans (qui ont été adaptés en films) Mystic River, Gone baby Gone ou encore le fameux Shutter Island, qui est le seul que j’ai lu de sa plume avant celui que je vous présente aujourd’hui.

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Nombre de pages: 444 pages

Maison d’édition: Gallmeister

Date de parution (dans cette édition): avril 2023

4ème de couverture:

En cet été de 1974, à South Boston, quartier irlandais de Boston, Mary Pat Fennessy mène une existence routinière. Un soir, Jules, sa fille de dix-sept ans, ne rentre pas à la maison, et sa trace disparaît dans la chaleur moite de la ville. La même nuit, un jeune Noir se fait mortellement percuter par un train dans des circonstances suspectes. Ces deux événements sans lien apparent plongent les habitants de Southie dans le trouble. D’autant que la récente politique de déségrégation mise en œuvre par la ville provoque des tensions raciales et qu’une grande manifestation se prépare. Dans sa recherche effrénée de sa fille, Mary Pat, qui croyait appartenir à une communauté unie, voit les portes se fermer devant elle. Face à ce mur de silence, cette femme en colère devra lutter seule pour faire éclater la vérité, si dévastatrice soit-elle.

Mon avis: 

Le silence, c’est l’histoire d’une femme de 42 ans, Mary-Pat, mère de deux enfants dont un garçon décédé d’une overdose à son retour de la guerre, qui doit faire face à la disparition soudaine de sa fille adolescente, Jules. 

Alors que des hommes politiques ont décidé de mélanger les élèves afro-américains et blancs dans les mêmes écoles, utilisant les bus scolaires pour les transferts des élèves dans d’autres quartiers que les leurs, le mécontentement de la population monte en flèche et le climat est très tendu. 

De ce fait, lorsqu’un jeune homme noir est retrouvé mort et que Jules disparaît ce même soir, Mary-Pat va essayer de remonter le fil de l’histoire afin de comprendre ce qu’il s’est passé. Pour se faire elle-même justice. Pour sa fille d’abord, mais également pour ce jeune homme noir dont personne dans son quartier – dont les habitants sont majoritairement racistes –  ne se soucie. 

Sa fille étant tout ce qui lui reste au monde, elle va littéralement entrer en guerre contre le groupuscule mafieux qui fait la loi dans son quartier et duquel elle retirait du soutien car son mari disparu en faisait partie.

Ce roman explore la part sombre qu’il y a dans chaque être humain. Mary-Pat, héroïne malgré elle, femme forte et indépendante, est pleine de nuances. Elle aime être seule mais rêverait d’avoir un homme à ses côtés pour l’aimer et la soutenir. Elle ne se considère pas comme raciste mais a tout de même de gros préjugés sur les personnes qui n’ont pas la même couleur de peau ou la même religion qu’elle. Bref, elle n’est pas exempte de défauts mais c’est également pour cela qu’on se prend à l’apprécier de plus en plus au fil des pages.

L’auteur pointe du doigt les personnes qui n’incitent pas à la haine mais qui ne font rien non plus pour l’arrêter, les gens qui laissent s’envenimer les choses par désintérêt ou égoïsme. Détourner les yeux au lieu de réagir est tellement plus facile.

Bref, vous l’aurez compris, j’ai adoré ce roman qui parle d’amour mais également de vengeance et qui aborde également le thème de la précarité financière de beaucoup de familles (surtout monoparentales) aux USA. 

Un très beau roman qui restera longtemps dans ma mémoire.

Ma note: ♥♥♥♥♥

J’ai lu: La société protectrice des Kaijus de John Scalzi

Hello tout le monde !

Je vous retrouve aujourd’hui pour vous parler du roman La société protectrice des Kaijus de l’auteur John Scalzi. Il est – entre autres – l’auteur de la série le vieil homme et la guerre que j’adore!

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Nombre de pages: 324 pages

Maison d’édition: L’Atalante

Date de parution (dans cette édition): avril 2023

4ème de couverture:

Ils sont GROS

Ils sont MECHANTS

Ils sont MENACES D’EXTINCTION

Jamie accepte immédiatement le job que Tom, une ancienne connaissance, lui offre. Travailler pour une société protectrice d’animaux plutôt que livrer des repas est une veine. Seul problème, les animaux concernés sont des kaijus. Or, si ces monstres sont les êtres les plus gros et les plus dangereux de cet univers, ils ont besoin d’aide pour survivre, car des entreprises peu scrupuleuses voudraient les exploiter. Tous ceux qui ont vu Jurassic Park savent que c’est une mauvaise idée…

Mon avis: 

Si comme moi, vous aimez les romans truffés de références geeks et remplis d’humour, je pense que ce livre est fait pour vous!

Cette fois-ci, John Scalzi délaisse l’espace tout en restant dans le domaine de la Science-Fiction. Pas d’aliens ici, mais des Kaijus qui vivent dans une dimensions parallèle à la nôtre, n’attendant qu’un accident nucléaire pour pouvoir traverser le voile entre nos deux mondes. 

Mais qu’est-ce qu’un Kaiju me direz-vous ? Et bien il peut avoir différentes formes mais leur représentant le plus connu est bien entendu Gozilla. Donc des monstres énormes (certaines ressemblent à des montagnes) et pas gentils. Certains sont dotés d’ailes et d’autres non. 

Lorsque Jamie, un jeune trentenaire nourri à la culture geek, se voit offrir un nouvel emploi dans l’ONG « SPK » par un copain d’études, Tom, sans même savoir de quoi il s’agit, il ne sait pas dans quoi il va mettre les pieds.

Il va découvrir ce monde fantastique où vivent des monstres que doit protéger et aider à se reproduire à coup de phéromones projetés dans l’air cette fameuse Société Protectrice des Kaijus. Il va également rencontrer une équipe drôle et hétéroclite, des scientifiques brillants dans leur domaine mais qui n’hésitent pas à se remonter les manches pour mettre les mains dans le caca (au propre comme au figuré d’ailleurs 😉 )

Bien évidemment, des méchantes personnes vont vouloir s’emparer des Kaijus pour produire de l’énergie  nucléaire et la SPK devra tout mettre en œuvre pour contrecarrer leurs plans afin de sauver ces bestioles pas sympas, certes, mais qui méritent tout de même d’être protégées.

– (…) Les Kaijus représentent un risque pour les êtres humains, c’est évident. Mais c’est réciproque.

– Ils pourraient nous marcher dessus sans même s’en rendre compte, a fait remarquer Kahurangi.

– Les moustiques tuent plus de gens chaque année que tous les animaux réunis, lui a rappelé Tom. Et ce en comptant l’homme. A l’inverse, l’homme a fait disparaître de notre version de la Terre la plupart des bêtes beaucoup plus grosses que lui. Nous les massacrons et nous occupons ensuite leur environnement. La taille n’a pas d’importance. Elle n’en a jamais eu. 

– Nous sommes aussi la police des monstres alors? ai-je lancé à Tom.

– Eh oui! La seule question est de savoir qui sont les monstres. 

– C’est celle qui se pose dans tous les films du genre, tu sais. C’en est devenu un cliché.

– Je sais. Que faut-il en conclure quant à notre espèce si cette question reste aussi pertinente chaque fois qu’on la pose?

La société protectrice des Kaijus, de John Scalzi, page 62

Sous couvert d’une histoire pour le moins abracadabrante mais qu’il arrive à rendre crédible de par les détails scientifiques qu’il insuffle tout au long du roman, John Scalzi dépeint surtout le portrait d’une société toujours plus avide de pouvoir et de puissance. 

La cupidité des hommes est encore une fois mise en exergue et j’ai trouvé que l’auteur a réussit à rendre le tout très digeste et pas du tout moralisateur. 

J’ai adoré tous les personnages et j’espère que l’auteur prévoit une suite car ce roman est un gros coup de cœur!

Ma note: ♥♥♥♥♥

[SP]J’ai lu: Le philatéliste de Nicolas Feuz

Hello tout le monde !

Je vous retrouve aujourd’hui pour vous parler du roman Le philatéliste de l’auteur neuchâtelois Nicolas Feuz que j’ai eu la chance de recevoir de la part de sa nouvelle maison d’édition Rosie & Wolfe. Si ce nom ne vous est pas inconnu, c’est qu’il s’agit de la maison d’édition fondée par le célèbre écrivain Joël Dicker. Nicolas Feuz est le premier romancier (à part lui-même bien entendu) qu’il a décidé de publier.

Je souhaite d’ores et déjà plein succès et un bel avenir à cette jolie collaboration entre deux auteurs que j’estime énormément!

 ♥ = Bof bof, à éviter

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Nombre de pages:  332 pages

Maison d’édition: Rosie & Wolfe

Date de parution (dans cette édition): 5 octobre 2023 pour la Suisse et le 12 octobre 2023 dans les autres pays

4ème de couverture:

À l’approche de Noël, un vent d’effroi parcourt la Suisse. Un tueur organise un jeu de piste sordide avec des colis postaux. Sa signature ? Des timbres-poste fabriqués à partir de peau humaine.
L’inspectrice de la Police judiciaire genevoise Ana Bartomeu est saisie de l’affaire. Son enquête va la conduire des beaux quartiers de Genève à la vieille ville d’Annecy, des impasses sombres de Lausanne aux rues pavées de Delémont. Réussira-t-elle à démasquer cet assassin mystérieux que les médias suisses et français ont surnommé Le Philatéliste.

Mon avis:

J’ai lu ce livre en moins de 24h tant il était impossible à lâcher. Quel plaisir de retrouver la plume fluide de Nicolas Feuz ! 

Cette fois-ci, le roman ne prend pas sa source dans le canton de Neuchâtel (même si nous allons y passer à un moment donné) mais plutôt à Genève. Par conséquent, autre lieu, autres protagonistes, et l’auteur met en scène une nouvelle héroïne, l’inspectrice Ana Bartomeu, et son équipe. Ana est une femme usée par la vie, pleins de désillusions mais dont le métier reste toujours sa passion et son moteur. Nicolas Feuz excelle dans la création de personnages pleins de failles et d’aspérités. Ils ne sont pas tous lisses ni parfaits, ce qui fait qu’on arrive mieux à s’identifier à eux.

De plus, j’ai adoré le fait que les personnages des romans précédents soient également présents au cours de l’histoire et y font des petites apparitions très appréciées. C’est un peu comme s’ils continuaient leurs petites vies entre les romans et je trouve que cela donne un souffle de réalisme aux romans de Nicolas Feuz. 

Au fil de l’enquête, les forces de l’ordre vont suivre les traces d’une personne qui envoie des colis avec des timbres fabriqués à base de peau humaine à travers plusieurs cantons romands ainsi qu’en France voisine (on va beaucoup voyager!). Vous l’aurez donc compris, si ce nouveau roman se veut moins sanglant que les précédents, la violence y est tout de même omniprésente.

L’auteur aborde comme à son habitude des thèmes très forts dans ce roman comme le harcèlement scolaire (certaines scènes sont à la limite du soutenable) et la dépression (entre autres). Ces sujets donnent un supplément d’âme au roman même s’ils lui confèrent également une ambiance particulièrement sombre. C’est un roman noir, très noir, comme sa sublime couverture d’ailleurs.

On vivait dans un monde où les pervers narcissiques seraient bientôt aussi nombreux que les ruptures de couple. Le phénomène de mode était comparable à la surpopulation d’enfants HPI dans les classes. La normalité, si tant est que la notion existe, étaient devenue l’exception.

Le philatéliste, de Nicolas Feuz, page 31

Une intrigue en béton, des rebondissements qui font qu’on ne s’ennuie pas une seule seconde, des personnages auxquels on s’attache rapidement et aucun temps mort, tous les éléments étaient présents pour me faire passer un excellent moment de lecture et je n’ai pas été déçue. 

Le suspense est maintenu jusqu’à la toute fin et l’auteur a su me lancer sur de mauvaises pistes (sur lesquelles je me suis précipitée 🤪).

Brillamment maîtrisé de bout en bout, ce roman est une franche réussite et j’espère de tout cœur qu’il rencontrera le succès qu’il mérite! 

Un coup de cœur!

Ma note: ♥♥♥♥♥


Un grand merci aux éditions Rosie & Wolfe et à Nicolas Feuz pour l’envoi de ce SP!

[SP]J’ai lu: IMMpact de Sébastien Devrient

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Je vous retrouve aujourd’hui pour vous parler du roman IMMpact de l’auteur Sébastien Devrient que j’ai eu la chance de recevoir de la part des Editions Plaisir de lire

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Nombre de pages:  232 pages

Maison d’édition: Plaisir de lire, collection d’aujourd’hui

Date de parution (dans cette édition): juillet 2023

4ème de couverture:

En visionnant des bobines super 8 retrouvées dans un cratère d’astéroïde au nord de la Sibérie, la journaliste Liza Andrée découvre un homme qui se filme sporadiquement durant son périple en direction de l’Arctique. Au fil des jours, l’homme semble de plus en plus incohérent, comme paranoïaque. Liza décide de partir sur ses traces, accompagnée par une petite équipe de tournage.
 
Extraits d’enregistrements audios, de comptes-rendus d’interrogatoire, et d’articles de presse laissent planer un doute constant entre fiction et réalité, invitant le lecteur à reconstituer le film des événements, Mais quel film en vérité ?

Mon avis:

J’ai littéralement dévoré ce roman tant j’ai été happée par le mystère entourant cette expédition menée par le personnage principal, la journaliste Liza Andrée, dans un cratère où un explorateur a disparu d’une manière inexpliquée et inexplicable. Liza n’aura de cesse de comprendre ce qu’il s’est passé, quels sont les étranges rituels menés par cette sorte d’ermite et pourquoi personne ne l’a plus jamais revu. 

Ce livre se lit comme une enquête paranormale ou une expérience sur la vie après la mort, quelque chose de mystique et de mystérieux. J’ai vraiment aimé cet OVNI littéraire qui n’entre dans aucune case et qui donne matière à réflexion. 

Mêlant extraits de documents réels et fiction, ce roman nous fait nous interroger sur ce que l’ont peut considérer du domaine du possible et de ce qui touche à l’imaginaire ou même au fantastique. Toute la partie narrée par Liza est passionnante, écrite sous forme de journal de bord, on sent la tension et son angoisse monter page après page. 

Le rythme est haletant et l’auteur souffle le chaud et le froid pour instiller le doute dans nos esprits quant à la véracité de son histoire. Mais s’agit-il vraiment d’un roman ?

Déstabilisant et brillant!

Ma note: ♥♥♥♥(♥)


Un grand merci aux éditions Plaisir de lire pour l’envoi de ce SP!

J’ai lu: Malatraix d’Emmanuelle Robert

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Je vous retrouve aujourd’hui pour vous parler du roman Malatraix de l’autrice suisse Emmanuelle Robert. 

 ♥ = Bof bof, à éviter

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Nombre de pages: 491 pages

Maison d’édition: Slatkine

Date de parution (dans cette édition): Décembre 2021

4ème de couverture:

Septembre 2020 : une sportive fait une chute accidentelle en courant de Montreux aux Rochers-de-Naye. Accidentelle,  vraiment ? Une ombre plane sur les sentiers de montagne, mettant en émoi la communauté des adeptes de l’ultra-endurance. Mais qui les croira ? Aline, journaliste au chômage, veut comprendre et se risque sur les pas de sa soeur disparue.
Entre deux vagues de Covid-19, de fêtes clandestines en courses annulées, des destins basculent ; des non-dits éclatent au grand jour ; des femmes et des hommes se défient, se séduisent et se font rattraper par leur passé.

Scrutant la complexité des appartenances et des liens, Malatraix sonde ses personnages jusque dans leurs vérités les plus intimes,  explosant quelques clichés au passage.
Sur fond d’enquête policière, le roman déroule une intrigue haletante dans un univers inexploré par le polar, le trail, au cœur des somptueux paysages des Préalpes.
Un thriller à vous faire passer le goût des balades solitaires en montagne.

Mon avis:

Des coureurs et promeneurs sont victimes d’étranges accidents en montagne, ce qui attire l’attention de la police et plus particulièrement de Soledad Gimmelfarb, une inspectrice de police touchée de près par ces morts car ce sont des personnes qu’elle côtoyait dans sa vie privée.

Quand les meurtres se multiplient et qu’un homme riche bien connu de la région est retrouvé mystérieusement mort chez lui, la panique s’empare de la population et les forces de l’ordre sont vite dépassées par les événements. 

Emmanuelle Robert a su créer une ambiance angoissante où le danger guette à chaque détour de chemin. Il y a beaucoup de personnages (j’avais d’ailleurs parfois un peu de la peine à m’y retrouver) et j’ai trouvé que l’autrice était parfois impitoyable avec eux 😉 Le seul défaut que j’ai trouvé à ce roman est la pléthore d’histoires « d’amour » qui – c’est mon avis – n’apportent pas toujours quelque chose à l’intrigue.

Les protagonistes ont tous des petits travers et l’autrice arrive très bien à capter les petites mesquineries du quotidien, que ce soit entre voisins, entre amis ou au travail. 

Le style d’écriture est sans fioritures et va droit au but. Les chapitres sont très courts ce qui contribue au sentiment d’urgence qui s’empare de nous à la lecture de ce roman.

De plus, Emmanuelle Robert place son intrigue en pleine pandémie de Covid-19 et évoque les différents confinements et ouvertures/fermetures successives des commerces/restaurants, ce qui donne un sentiment de proximité avec les personnages et les événements. Ce mélange de fiction et de non fiction fonctionne très bien.

Une intrigue bien menée et un suspense haletant maîtrisé de bout en bout fond de ce roman une très belle découverte. Plus qu’un thriller, il s’agit avant tout d’un roman de mœurs. 

Je suis d’ailleurs en train de lire Dormez en Peilz, qui prend place directement à la suite des événements décrits dans Malatraix et pour le moment, je suis ravie de ma lecture!

Ma note: ♥♥♥♥


J’ai lu: L’amour et les forêts d’Eric Reinhardt

Hello tout le monde !

Je vous retrouve aujourd’hui pour vous parler du roman L’amour et les forêts de l’auteur Eric Reinhardt. 

 ♥ = Bof bof, à éviter

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Nombre de pages: 413 pages

Maison d’édition: folio

Date de parution (dans cette édition): décembre 2015, reparution en poche avec la nouvelle couverture (issue du film) en avril 2023

4ème de couverture:

A l’origine, Bénédicte Ombredanne avait voulu le rencontrer pour lui dire combien son dernier livre avait changé sa vie. Une vie sur laquelle elle fit bientôt des confidences à l’écrivain, l’entraînant dans sa détresse, lui racontant une folle journée de rébellion vécue deux ans plus tôt, en réaction au harcèlement continuel de son mari. La plus belle journée de toute son existence, mais aussi le début de sa perte. Récit poignant d’une tentative d’émancipation féminine, L’amour et les forêts est un texte fascinant, où la volonté d’être libre se dresse contre l’avilissement.

Mon avis: 

J’ai eu envie de lire ce livre après avoir vu la bande annonce du film tiré de celui-ci et réalisé par Valérie Donzelli. En effet, la réalisatrice a très bien retranscrit toute l’ambiance sombre et menaçante qui pèse sur les épaules de notre personnage principal, Bénédicte Ombredanne.

Le début a été un peu nébuleux pour moi car le narrateur est l’écrivain lui-même, qui joue son propre rôle dans le livre. De ce fait, on est en droit de se poser la question: Eric Reinhardt a-t-il vraiment rencontré cette femme (qui avait certainement un autre nom) ou a-t-il tout inventé? Le mystère restera entier!

Dans ce roman, nous allons donc suivre comme dit plus haut Bénédicte Ombredanne, une femme qui approche de la quarantaine, mariée et mère de deux enfants de 12 et 5 ans. Son mari lui rend la vie impossible, l’humiliant, la réduisant à néant de par ses paroles et ses gestes.

Cependant, Bénédicte reste avec lui, pour les enfants surtout et peut-être également un peu par pitié. Son mari arrive toujours à se faire passer pour la victime, en harcelant Bénédicte, en la faisant passer pour une personne mauvaise et une mère indigne auprès de leurs enfants, la décrédibilisant à leurs yeux.

Comme toute personne toxique, il sait toujours renverser les situations à son avantage. 

L’auteur va donc dérouler peu à peu le fil de la vie de Bénédicte pour nous faire comprendre comment elle pu en arriver là, à se laisser piétiner ainsi par un homme si détestable. 

Cette situation va la pousser à rechercher de la tendresse et du respect dans les bras d’un autre, qu’elle va rencontrer via un site de rencontres. Cet homme vit aux abords d’une forêt et va lui faire vivre une (seule) journée de liberté et de passion qu’elle va chérir dans sa mémoire pour le restant de sa vie. Effectivement, suite à cette rencontre qui a illuminé son existence et qui va la révéler à elle-même, elle décide tout de même de revenir auprès de son mari qui va lui rendre la vie encore plus insupportable suite à cette unique incartade.

Récit d’une longue descente aux enfers, ce livre rappelle que personne ne devrait jamais être contraint de quoi que ce soit au sein de son couple. Les rapports de force n’y ont aucune place. 

La plume de l’auteur, très belle et très féministe, décrit très justement les réactions et les émotions de Bénédicte, prisonnière de sa propre vie…

Les deux derniers chapitres m’ont laissée en larmes tant j’ai été touchée par cette histoire poignante et bouleversante qui est le reflet de milliers de vies de femmes à travers le monde.

Lisez ce livre et faites-le lire autour de vous, c’est un bijou. Dur et poignant, mais il en vaut la peine!

Ma note:  ♥♥♥♥♥

 

J’ai lu: Le roman de Jim de Pierric Bailly

Hello tout le monde !

Je vous retrouve aujourd’hui pour vous parler du roman Le roman de Jim de l’auteur Pierric Bailly. 

 ♥ = Bof bof, à éviter

♥♥ = Sympa, sans plus

♥♥♥ = Pas mal du tout , j’ai passé un bon moment !

♥♥♥♥ = A lire absolument !

♥♥♥♥♥ = Attention, gros coup de cœur !

Les (♥) représentent les demis 

L’image provient de mon instagram.

Nombre de pages: 239 pages

Maison d’édition: folio

Date de parution (dans cette édition): juillet 2022

4ème de couverture:

« Mon goût pour les situations compliquées, pour les histoires tordues, si j’étais bien incapable de dire d’où il me venait, je pouvais au moins l’assumer, peut-être le revendiquer. » À vingt-cinq ans, Aymeric essaie de renouer avec le monde extérieur après une rupture amoureuse et un séjour en prison. Florence en a quarante, elle est célibataire et enceinte de six mois. À la naissance de Jim, ils forment tous les trois une famille heureuse et unie, entre vastes combes et forêts d’épicéas. Bien qu’il prétende l’aimer comme un fils, Aymeric pourra-t-il devenir le père d’un enfant qui n’est pas le sien ?

Mon avis: 

 Ce roman merveilleusement bien écrit parle de filiation, que les êtres qui composent une famille soient du même sang ou pas.

On y suit Aymeric, un jeune homme un peu crédule, qui après un court séjour en prison va rencontrer Florence, une quadragénaire enceinte et célibataire car elle était la maîtresse d’une homme marié qui s’est – bien entendu – carapaté en apprenant sa grossesse. 

Aymeric et Florence vont très vite devenir un couple et faire grandir le fils de Florence – Jim – ensemble. Aymeric prend son rôle de papa de substitution avec le plus grand sérieux, son amour pour Jim étant sincère, il lui est entièrement dévoué. 

Cependant, quand l’ancien amant de Florence refait surface, tout s’effondre pour Aymeric qui se sent évincé et plus à sa place dans ce trio bien plus légitime – c’est ce qu’il pense – que lui.

Ce roman parle de filiation et de l’amour puissant qu’un homme peut ressentir pour un enfant qui n’est biologiquement pas le sien. 

Aymeric n’ayant aucun droit légal sur Jim et il va voir celui-ci lentement et insidieusement s’éloigner de lui. Sa peine est immense mais pour le bien de Jim, il va se résoudre à cette situation qu’il n’a pas choisie.

J’ai trouvé ce portrait de père très touchant. 

Ce roman aborde également les différences de classes, Florence incarnant une bourgeoisie plutôt aisée et Aymeric la classe ouvrière, d’ailleurs on ressent qu’Aymeric a un petit complexe d’infériorité par rapport à cela.

Les dialogues sonnent vrais tout comme la narration menée par Aymeric.  C’est ce que j’ai apprécié dans la plume de Pierric Bailly, cette façon de décrire avec justesse des personnages qui ne sont pas parfaits, qui ne sont pas des héros. Leurs petits travers et leur petite routine réconfortante. 

Depuis sa naissance, je ne vivais qu’à travers ce gamin qui n’était pas le mien, je lui avais tout cédé, ce môme avait tout écrasé, il avait annulé chez moi toute ambition professionnelle, il était devenu plus important que tout ce que j’avais connu jusqu’alors, il avait rendu le reste sans intérêt.

Le roman de Jim, de Pierric Bailly, page 168

Aymeric est un personnage profondément humain et qui ne veut que le bonheur de Jim, même si pour cela il doit disparaître de sa vie. 

Le livre s’appelle le roman de Jim mais finalement il n’est pas tellement question du garçon dans le livre, ce n’est pas lui le héros de l’histoire. On ne connaîtra Jim que par le prisme d’Aymeric.

Un roman qui fait réfléchir au rôle des beaux-parents qui n’ont souvent aucun statut légal pour des enfants qu’ils ont fait grandir et qu’ils aiment comme s’ils étaient les leurs. 

Un très beau roman!

Ma note:  ♥♥♥♥(♥)

 

J’ai lu: The Big Sky tome 2; La Route de l’Ouest de A.B. Guthrie

Hello tout le monde !

Je vous retrouve aujourd’hui pour vous parler du roman La Route de l’Ouest qui est le second tome de la série The Big Sky de l’auteur A.B. Guthrie.

 ♥ = Bof bof, à éviter

♥♥ = Sympa, sans plus

♥♥♥ = Pas mal du tout , j’ai passé un bon moment !

♥♥♥♥ = A lire absolument !

♥♥♥♥♥ = Attention, gros coup de cœur !

Les (♥) représentent les demis 

L’image provient de mon instagram.

Nombre de pages:  489 pages

Maison d’édition: Babel, actes sud

Date de parution (dans cette édition): juin 2017

4ème de couverture:

En cette année 1845, ils sont un convoi de quelques pionniers à quitter leurs demeures et leurs petites fermes du Missouri pour rejoindre l’Oregon. Sous l’autorité du tyrannique Tadlock et guidées par le flegmatique Dick Summers, ces familles qui emmènent avec elles leurs maigres biens et leurs troupeaux se lancent dans un périple de 3600 km à travers les plaines arides et les montagnes escarpées du grand Ouest. Qu’ils soient animés par un idéal patriotique, l’espoir d’une vie meilleure ou le goût de l’aventure, les membres de cette communauté vont devoir apprendre à s’organiser et à s’adapter pour faire face ensemble à la rudesse du chemin et aux embûches qu’il réserve. 

Dans cette fresque épique et hyperréaliste portée à l’écran par Andrew V. McLaglen (avec Kirk Douglas et Robert Mitchum dans les rôles principaux), A. B. Guthrie, tout en restituant magnifiquement l’âpreté des paysages et l’euphorie des grands espaces, excelle à décrire de l’intérieur le fragile équilibre des liens sociaux.

Mon avis: 

Dans ce roman, qui prend place quelques années après le premier tome de la série Big Sky, nous retrouvons Dick Summers, que l’on avait déjà rencontré dans La Captive aux Yeux Clairs. N’ayant plus aucune attache au Missouri, il décide de se joindre au convoi de son village qui part pour L’Oregon, en qualité de guide vu qu’il a déjà voyagé dans ces régions-là. Il connait les Indiens, leurs traditions, leur langue et sait négocier avec eux. Il sait chasser, établir un camp ou encore comment franchir des gués avec des chariots et des troupeaux.  C’est un personnages complexe qu’on ne peut qu’apprécier de par sa sagesse et son intelligence. Il devient très vite la personne vers laquelle les autres se tournent dès qu’il y a un problème, au grand dam de Tadlock, le chef du convoi.

Les personnages sont hauts en couleurs et on se prend très vite d’affection pour eux, en particulier Lije Evans, sa femme Rebecca, et leur fils Brownie. Ce sont des gens simples et honnêtes, dont le courage dans l’adversité et la générosité et l’entraide envers les autres sont remarquables.  Certaines scènes sont très émouvantes et j’ai versé des larmes à plusieurs reprises.

On suit avec passion les disputes et les dissensions au sein du convoi au fur et à mesure du voyage qui devient de plus en plus pénible (le manque d’eau, de nourriture, la météo…) et dangereux. La cohabitation entre les différentes familles n’est pas toujours évidente, d’autant plus que certaines n’appartiennent pas à la même classe sociale. Cependant, dans le convoi, elles sont toutes égales et aucune ne jouit de privilèges particuliers ce qui crée parfois des tensions.

N’est pas meneur d’hommes qui veut et certains l’apprendront à leurs dépends. 

J’ai trouvé (comme dans le premier tome) les descriptions des paysages grandioses et très imagées, on s’imagine très bien le long et pénible périple qu’entreprennent ces familles qui ont tout quitté pour une terre qu’ils pensent meilleure.

« Il n’y a pas de plus plus beau pays que celui qu’on n’a pas encore atteint. »

La Route de l’Ouest, d’A. B. Guthrie, page 14

Bref, vous l’aurez compris, j’ai adoré cette incursion dans le grand Ouest américain, cette épopée passionnante et bouleversante à la fois! Comme pour le premier tome, j’ai été ravie par la plume de l’auteur qui est riche et fluide à la fois. Moderne également, avec des personnages de femmes importants dans l’histoire. L’auteur prend d’ailleurs souvent leur parti en relevant leur courage face aux épreuves qu’elles devront traverser.

Quoi qu’il en soit, les femmes prenaient leur part, et plus que leur part, des soucis et des duretés du voyage. Elles faisaient la route avec courage, sur un plan d’égalité avec les hommes, sans montrer de craintes, sans exiger de faveurs.

La Route de l’Ouest, d’A. B. Guthrie, page 413

Tout est parfait dans ce roman, le fond comme la forme et je vous invite vraiment à le découvrir si le sujet vous parle!

Un chef d’œuvre!

Ma note:  ♥♥♥♥♥